Politique

Kananga : la Présidente urbaine de la société civile déplore la faible représentativité des femmes à la nouvelle législature

Dans une interview accordée au femmedafrique.net, la Présidente urbaine de la société civile de Kananga, Irène Mbombo, a estimé qu’il y a encore beaucoup à faire pour démontrer à la population la nécessité de promouvoir les femmes aux instances de prise des décisions dans le pays par voie démocratique.

Cette réaction fait suite à la faible représentativité des femmes dans la prochaine Assemblée nationale au regard des résultats provisoires proclamés par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI).
Selon elle, pour parvenir à faire élire plusieurs dames, il faut que les femmes, elles-mêmes, puissent prendre conscience en votant leurs semblables.

En ce qui concerne la participation des femmes de sa province aux élections, elle a indiqué que  » les femmes candidates au Kasaï-Central n’ont pas démérité. Elles ont prouvé sur le terrain de quoi elles ont été capables. La population était instrumentalisée par l’argent parce que même le jour du scrutin, les gens ont réclamé même un 500 FC afin de voter du moment où nous avons condamné ce comportement pendant nos activités de sensibilisation. J’invite toutes ces femmes à ne pas baisser les bras, à continuer à militer dans tous les sens pour le bien-être de la population. Les bases doivent être maintenues jusqu’aux prochaines élections « .

S’agissant des statistiques au niveau national, Irène Mbombo n’est toujours pas satisfaite.  » Au regard des élections passées, la participation des femmes a été trop faible à travers le pays, aux alentours de 14 %. Nous ne pouvons pas nous réjouir de ce résultat. La population doit encore comprendre que les femmes ne doivent pas seulement accéder aux fonctions publiques par nomination, mais aussi être élues parce qu’elles en sont capables. Au sein de la société civile, nous pensons avoir fait quelque chose au cours de nos sensibilisations « , a signifié Mme Mbombo.

S’agissant du Kasaï-Central, elle a fait savoir que la CENI n’a proclamé que Ida Kamoji, une seule femme gagnante dans la circonscription électorale de Luiza.

Notons qu’en RDC, sur les 477 députés élus aux législatives nationales, 64 sont des femmes, soit 14% comparativement aux législatives nationales de 2018, où l’on avait 50 femmes élues députées.

C’est la province du Bas-Uelé qui bat le record avec 3 femmes sur 7 deputés elus. Alors que dans certaines provinces, aucune femme n’a été elue députée nationale, à savoir Ituri, Kasaï, Mongala, Sankuru, Sud-Kivu et Tshuapa.

A en croire une certaine opinion, ce record réalisé dans le Bas-Uele est le résultat des efforts consentis dans cette province pour promouvoir la représentativité des femmes dans les institutions locales, provinciales et nationales. C’est d’ailleurs l’une des provinces où de 2020 à 2022, les postes de President de l’Assemblée provinciale, du Gouverneur interimaire et du Maire de Buta ont été occupés par les femmes.

Les observateurs avertis ont estimé que plus les femmes auront une forte représentativité dans les institutions provinciales et nationales, plus elles pourront contribuer efficacement à l’émergence d’un Congo prospère où les antivaleurs telles que la corruption, la mauvaise gouvernance et l’injustice sociale n’auront plus une place prépondérante au sein de la société congolaise.

Jean Claude Ngalamulume Bakamubia

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