Santé

RDC: plus de 25 millions de personnes touchées par l’insécurité alimentaire aiguë

Environ 25,4 millions de personnes, soit 23% de la population analysée, sont en insécurité alimentaire aiguë en République démocratique du Congo.
C’est ce qui ressort des résultats du 22ème cycle du Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) présentés, vendredi 29 septembre 2023, à Kinshasa, lors d’une activité organisée par le ministère de l’Agriculture.
Selon l’analyse de l’IPC qui couvre la période allant du mois de juillet à décembre 2023, les populations les plus touchées sont principalement les déplacés, les retournés, les familles d’accueil. Aussi, celles qui vivent dans les zones de conflits ou affectées par les catastrophes naturelles.
 » A ceci s’ajoutent les populations les plus pauvres des zones urbaines et péri-urbaines ainsi que celles fortement dépendantes du marché, avec un faible pouvoir d’achat et vivant dans les zones enclavées », a indiqué le rapport de l’IPC.
Lors de son discours d’ouverture, le Secrétaire général à l’Agriculture, José Ilanga, a fait savoir que le travail réalisé par l’IPC est basé notamment sur les indicateurs en lien avec l’accès à une alimentation saine, nutritive et en quantité suffisante.
 » Les résultats d’analyses de l’IPC sont d’une grande importance parce qu’ils permettent de donner une vue d’ensemble de la situation de l’insécurité alimentaire du pays. Ils orientent également le pouvoir public et les partenaires dans la phase de prise des décisions « , a-t-il ajouté.


Dans une interview accordée à la presse, M. Ilanga a notamment sollicité à ce que le ministère de l’Agriculture soit au centre dans le but de rendre compte de l’évolution de la valorisation des données et du rapport au gouvernement en étroite collaboration avec les autres institutions de l’Etat congolais.
La Cheffe de programme du Programme Alimentaire Mondiale (PAM), Azzurra Chiarini, a martelé qu’il faut une réponse adaptée face à cette insécurité alimentaire.
 » Bien que les conflits, surtout à l’est, restent la préoccupation majeure, il ne faut pas non plus oublier qu’il y a d’autres zones où les causes de l’insécurité alimentaire sont beaucoup plus structurelles « , a-t-elle dit à la presse.
Le PAM compte accompagner le gouvernement congolais dans les priorité, a informé Mme Azzurra qui signale que cette agence onusienne apporte une réponse humanitaire, depuis le mois de juin, dans la partie est du pays, en assistant près de 2 millions des personnes.
 » Nous avons aussi des interventions dans le Kasaï où les causes sont beaucoup plus structurelles », a précisé Mme Azzurra Chiarini.
Dans un communiqué de presse signé conjointement par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le PAM, il a été notifié que le conflit dans l’est de la RDC a perturbé la production agricole vitale et la croissance des infrastructures essentielles.
Le document a notamment rapporté les réactions des deux représentants de ces agences en RDC.
« Je suis alarmé par le nombre de personnes qui continuent à souffrir de la faim à travers le pays », a déclaré le Représentant du PAM en RDC, Peter Musoko.
Quant au Représentant de FAO en RDC,  » la crise de la sécurité alimentaire pour de nombreuses personnes en RDC reste critique, avec plusieurs défis- insécurité, dévastation et manque d’infrastructures, faible accès à des intrants de qualité et au financement, pour n’en citer que quelques-uns – qui compromettent leurs chances de pouvoir se nourrir correctement et de nourrir leurs familles ».

Déficit de financement

A en croire ce communiqué de presse, le PAM est confronté à un déficit de financement critique de 629,6 millions de dollars américains au cours des six prochains mois.
En 2023, la FAO a besoin de 106,4 millions de dollars américains pour apporter à 1,8 millions de personnes un soutien urgent aux moyens d’existence, notamment en stimulant la production agricole rapide, l’élevage et la pêche.

Recommandations formulées

S’agissant des actions à mener, le rapport de l’IPC a formulé quelques recommandations, à savoir mettre fin à la violence et aux conflits, faciliter l’accès humanitaire dans les zones du conflit, appuyer un mécanisme de contrôle et de maîtrise des prix des denrées alimentaires et d’apporter une assistance humanitaire.
Notons que l’IPC est un ensemble d’outils et de procédures permettant de classer la gravité et les caractéristiques des crises alimentaires et nutritionnelles aiguës, ainsi que l’insécurité alimentaire chronique et persistante, sur la base de normes internationales et de données secondaires.
L’analyse IPC vise à informer les interventions d’urgence ainsi que les politiques et programmes de sécurité alimentaire à moyen et long terme.

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