Dans le cadre du projet « Tonga mpo na bolamu ya mwana », mis en œuvre par le Bureau International des Droits des Enfants (IBCR) avec l’appui du Gouvernement de la République Démocratique du Congo et des Affaires mondiales Canada, un Forum d’idées consacré aux alternatives en rapport avec la détention des enfants s’est tenu à Kinshasa, ce vendredi 12 Décembre.
Cette rencontre a réuni les principaux acteurs étatiques, judiciaires, sociaux et de la société civile engagés dans la protection des droits de l’enfant.

S’inscrivant dans la continuité du 5ᵉ Congrès mondial sur la Justice envers les enfants, ce forum avait pour objectif de promouvoir une justice réellement adaptée aux mineurs en RDC.
Les participants ont analysé les défis liés à l’application des mesures alternatives prévues par la loi portant Protection de l’enfant, identifié les obstacles institutionnels et formulé des propositions concrètes en vue de réduire le recours à la détention, considérée comme une mesure exceptionnelle.
Présent en RDC depuis 2015, l’IBCR accompagne le Gouvernement congolais dans la mise en œuvre effective des normes nationales et internationales relatives à la protection de l’enfant.

À l’ouverture des travaux, le Représentant pays, Mahamadi Oubda, a insisté sur la nécessité de dépasser le cadre juridique existant pour traduire les droits de l’enfant en réalités tangibles sur le terrain : « La loi existe, les dispositions existent. Le véritable défi est de savoir comment concrétiser ce qui est écrit afin que les droits de l’enfant cessent d’être théoriques », a-t-il souligné, appelant les participants à formuler des recommandations opérationnelles.

Intervenant au cours du forum, Laurent kidinda kizeza, Chef de division aux Affaires sociales à la Direction intervention sociale pour la protection de l’enfant ( DISPE), a salué l’initiative de l’IBCR, qu’il a qualifiée de renforcement du système national de protection de l’enfant.
Il a mis en avant le rôle de partenaire stratégique joué par l’IBCR auprès du Gouvernement, notamment à travers la mise en œuvre conjointe dudit projet avec le Ministère du Genre, famille et enfant.
Il a en outre appelé l’ensemble des acteurs, étatiques comme non étatiques, à une mobilisation accrue et à une meilleure coordination des efforts pour améliorer durablement la condition des enfants en situation difficile.

Pour sa part, Marie Pembe Afoumba, Cheffe de division à la Direction de la protection de l’enfant au sein du Ministère du Genre, famille et enfant, a souligné l’importance des résolutions issues de ce forum pour les praticiens du secteur.
Selon elle, ces recommandations permettront de renforcer l’usage des alternatives liées à la détention, reconnues comme primordiales pour la préservation de l’intérêt supérieur de l’enfant congolais.
Elle a particulièrement insisté sur la nécessité de redynamiser les Comités de médiation auprès des tribunaux pour enfants. Ces structures, à l’en croire, jouent un rôle central dans la prise en charge des faits jugés bénins, tels que les petits vols ou les altercations entre mineurs.
La standardisation des outils, des procédures et des méthodes de travail à l’échelle nationale apparaît, pour Marie Membre, comme une condition essentielle pour garantir une médiation efficace, éducative et respectueuse des droits de l’enfant.

Organisé en cinq groupes de travail, le Forum a permis aux participants de formuler plusieurs recommandations visant à améliorer la coordination des acteurs, renforcer les capacités institutionnelles et assurer une application effective des mesures alternatives prévues par la loi.
Somme toute, ces propositions devraient contribuer à promouvoir une justice plus humaine, éducative et adaptée aux enfants en conflit avec la loi en République Démocratique du Congo.
Thérèse Bukasa




