Deux femmes sont mortes ensevelies, ce mardi matin 12 mai, à Kananga après l’écroulement de leur maison, dans l’ancienne localité de Kamulumba Misasa : le drame s’est produit vers 5h, à la suite d’une pluie diluvienne.
L’habitation, située derrière le marché Nsele, était fortement menacée par un ravin, selon les témoignages recueillis sur place. Fragilisée par l’érosion, cette maison n’a pas résisté aux intempéries.
Les deux victimes ont été piégées sous les décombres. Les secours, alertés par les voisins, n’ont pu constater que leur décès.
C’est le troisième cas mortel impliquant des femmes en moins d’un mois à Kananga, après les différents éboulements survenus à Kamuandu et à Kamayi Savinkas. À chaque fois, le scénario est identique : une pluie, un ravin, une maison précaire, des victimes ensevelies.

À en croire Sylvain Kabue de l’Association des jeunes pour le changement, ces drames mettent en lumière trois problèmes structurels à Kananga, à savoir :
1. La prolifération des ravins : Kananga compte plus de 300 têtes d’érosions actives. Les quartiers Kamulumba, Kamuandu, Kamayi, Lukonga et Nganza sont les plus touchés ;
2. L’habitat précaire : Faute de plan d’urbanisme appliqué, des familles construisent sur des zones instables, souvent sans fondations adaptées ;
3. L’absence de prévention : Aucun système d’alerte précoce ni de relogement préventif n’existe pour les ménages vivant sur les lignes de rupture des ravins.
Sur place ce matin, les habitants ont dénoncé : » On sait que le ravin avance, mais on n’a pas où aller. On attend la mort », a souligné malgré elle, une rescapée, voisine des victimes.
L’occasion était belle pour la population de lancer un appel pressant aux autorités provinciales pour sécuriser les zones à risque.

Après Kamuandu, Kamayi Savinkas et maintenant Kamulumba Misasa, le bilan s’alourdit. Ce sont toujours les plus vulnérables, femmes et enfants, qui paient le prix fort. Sans intervention rapide et l’absence totale d’une cartographie des risques, du balisage des zones interdites, des travaux de lutte antiérosive, du relogement d’urgence lors de la saison des pluies, le risque de transformer Kananga en un cimetière à ciel ouvert, est bien là.
Les autorités provinciales sont attendues au tournant. Le Gouverneur Joseph-Moïse Kambulu avait promis, lors de son investiture, de faire de la lutte contre les érosions une priorité. Sur le terrain, les familles endeuillées attendent des actes et non des promesses.
Jean Claude Ngalamulume Bakamubia




