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Politique

Campagne électorale : la responsabilité des journalistes face aux discours de haine

Pendant la période de la campagne électorale en République démocratique du Congo, certains candidats ont souvent l’habitude de vouloir véhiculer les discours de haine dans les médias.

Pour sa part, le journaliste est tenu à la responsabilité dans l’exercice de son métier. Ainsi, Lionel Ipakala, journaliste professionnel à « La Une FM », reconnait qu’il doit exercer son métier en toute responsabilité, en apportant des nouvelles qui informent les citoyens sur base des faits. Aussi celles qui sécurisent et forment des citoyens à construire un monde meilleur.

 » Notre responsabilité particulièrement en cette période de campagne électorale est capitale du moment où le fake news, la manipulation des consciences, la désorientation de l’opinion sont tellement visibles. En plus, l’information donnée par un journaliste est d’office considérée par le citoyen lambda comme une vérité. Alors imaginez un journaliste qui propage la haine ? », a-t-il dit.

Et de poursuivre :  » la formation du journaliste en cette matière est tellement capitale non seulement pendant les élections, mais à tout moment, pour que l’information soit entre des mains expertes pour construire un monde où règne la paix ».

Journaliste au journal  » La Référence Plus « , Eveline Badika, a notifié qu’à travers sa plume, elle est censée informer et former la population en toute conscience.  » Ma responsabilité en periode électorale est immense parce que je dois influencer positivement en tant que personne publique pour assurer la sérénité et éviter à tout prix de relayer tout discours discourtois qui anime la haine et appelle à la violence « , a-t-elle précisé.

A l’en croire, tout professionnel des médias doit rester au milieu du village pendant tout le processus électoral et veiller à l’unité nationale, avant de marteler sur la prise en compte de l’intérêt supérieur de la nation.

Editeur-Directeur Général du quotidien « La Prospérité », Marcel Ngoyi Kyengi, a signalé que le journaliste est, à la fois, libre et responsable.  » Il doit veiller à ne pas devenir une caisse de résonance de tous ceux qui distillent des propos injurieux, haineux et, surtout, de nature à troubler l’ordre public. Un journaliste est un vecteur d’informations constructives. Dès lors qu’il est face à un discours de haine, il a la responsabilité de s’auto-censurer « , a-t-il ajouté.

Selon lui, le journaliste est un agent de développement, et également un artisan de la paix. Ainsi, dans l’exercice de sa profession, il doit toujours croiser ses sources d’informations et élaguer, lors du traitement, tous les propos qui frisent la diffamation, la calomnie et les injures gratuites.

Le Secrétaire général de l’Union Nationale de la Presse du Congo (UNPC), Zegbia Wembulu a déclaré que « lorsqu’un journaliste tombe sur une information qui contient des propos haineux, c’est en toute responsabilité qu’il décide de ne pas publier ou de relayer une telle information au risque de détruire une société entière. C’est dans ce cadre qu’il a une grande responsabilité parce que ce qu’il propage a une portée plus importante que tout ce que le commun des mortels pourrait faire ».

La campagne électorale étant une période sensible, il a souligné que certains discours peuvent détruire des vies et disloquer des peuples qui vivent ensemble. Le SG de l’UNPC a invité les professionnels des médias à l’observance stricte des règles de déontologie et d’éthique professionnelles.

 » En cette période sensible, nous sommes obligés, nous les journalistes, d’appeler nos peuples à la cohésion nationale parce qu’avant et après les élections, il y aura une vie « , a insisté M. Wembulu.

Il les a notamment appelés à un comportement responsable car, il y aura de sanction sévère au niveau de l’UNPC, instance d’autorégulation des professionnels des médias, contre les journalistes qui vont propager les discours de haine.

S’agissant de la Chargée de Programme au sein de l’ONG Journalistes pour les droits Humains (JDH), Lucie Ngusi, le fait d’informer la population relève d’une grande responsabilité pour tout journaliste. En d’autres termes, il a l’obligation de relayer deux sons de cloche, d’éviter également des propos diffamatoire et haineux ainsi que d’être impartial et neutre.

 » Nous sommes pendant la campagne éléctorale où le journaliste doit adopter une certaine attitude au regard des situations auxquelles il fait face entre autres les discours de haine. Il doit savoir quelle information faut-il relayer « , a indiqué cette activiste des droits humains.

Candidate à la députation nationale dans la circonscription électorale de Funa, Me Valérie Kabanga Kalala, a souligné que les professionnels des médias doivent être responsables surtout que leur message atteint plusieurs personnes.

 » Un journaliste doit être impartial et éviter le discours de haine parce que son métier rassemble, édifie et calme toute forme d’agitation. Il est sensé se limiter là où la liberté de l’autre commence. Ce n’est pas parce qu’on est journaliste qu’on doit bafouer la liberté des autres ou bafouer certains principes moraux qui doivent l’interpeller de manière individuelle « , a déclaré Me Kabanga.

Que dit la loi?

Avocate au Barreau de Kinshasa/Matete et conseil près la Cour Pénale Internationale, Me Charlène Yangazo a rappelé que l’incitation à la haine tribale n’est pas expressément définie par le législateur Congolais.

Toutefois, l’Ordonnance-loi n°66-342 du 7 juin 1966 portant Répression du racisme et du tribalisme se contente de circonscrire le cadre de la commission de l’infraction en stipulant en son article 1 que  » quiconque, soit par paroles, gestes, écrits, images ou emblèmes, soit par tout autre moyen, aura manifesté de l’aversion ou de la haine raciale, ethnique, tribale ou régionale, ou aura commis un acte de nature à provoquer cette aversion ou cette haine, sera puni d’une servitude pénale d’un mois à deux ans et d’une amende de cinq cents mille francs, ou d’une de ces peines seulement « 

Si l’infraction a causé une désorganisation des pouvoirs publics, des troubles graves, un mouvement sécessionniste ou une rébellion, le coupable sera puni de servitude pénale à perpétuité.

Matériellement, dit-elle, l’infraction se présente sous diverses formes, notamment le fait d’inciter autrui à manifester l’aversion à l’égard d’un individu ou groupe d’individus par gestes, écrits, paroles, etc.

Tantia Sakata/ Femme d’Afrique magazine

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