Société

Kinshasa : Les taxis-motos, un danger pour les femmes ?

À Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, trouver un moyen de transport qui réponde exactement à aux attentes, est un vrai combat de titan quelque soit le moment de la journée. Déjà il faut se battre pour une place dans le bus, sans oublier le phénomène embouteillage très récurrent sur les routes de Kinshasa. Dans la plupart de cas trop pressées, plusieurs femmes Kinoises optent pour les taxi-motos et souvent se placent au milieu avec un autre client homme derrière, ne se doutant pas de ses intentions. Rencontrées par la rédaction Femmedafrique.net,  ces certaines femmes qui empruntent ce moyen de transport, livrent leurs témoignages.

Harcèlement sexuel et moral

L’objectif d’emprunter la moto, c’est pour raccourcir le trajet ou contourner les embouteillages. Mais pour plusieurs femmes, c’est devenu une source de questionnement pour leur sécurité tel que le révèle Anita Mandiangu, 30 ans, qui  peint ici un tableau sombre d’une situation qu’elle a vécu.

 » Je revenais du Centre ville, ce jour-là le transport était compliqué sur le boulevard du 30 juin, suite au contrôle technique et surtout des permis de conduire. J’étais dans l’obligation de prendre la moto pour aller à Masina, le montant était tellement exorbitant que je ne pouvais pas me donner le luxe de monter seule. Un autre client homme est monté derrière moi. C’est au fil du trajet que j’avais compris que quelque chose n’allait pas, car, à chaque mouvement de frein brusque du motard, non seulement je me collais davantage à lui, mais surtout le client qui était derrière moi trouvait en celà une occasion pour se servir de ma hanche, en la touchant  prétextant que c’était pour son équilibre » a-t-elle déploré.

Même son de cloche du côté de Patricia Mulang :  « Très récemment, je suis montée sur une moto avec un monsieur derrière et chemin faisant, il cherchait à se coller à mon postérieur. J’ai trouvé celà bizarre, je l‘ai interpellé en lui disant de ne pas trop se coller à moi de cette manière là, il resta silencieux et quelques minutes plus tard, pardonnez-moi pour ce que je vais vous dire, j’ai constaté entre ses jambes que son corps avait pris une autre allure. Malgré cela, Il continuait à se coller à moi. Je n’étais pas arrivée à ma destination, demandant  au motard de me déposer. Le monsieur n’a même pas osé me regarder en face  » , s’est -elle confiée.

Cependant, Cynthia Montiri 25 ans, a expliqué qu’elle pensait être en sécurité lorsque un homme âgé était monté derrière elle sur la moto.

« Sur la moto un homme âgé d’environ 65 ans était monté derrière moi. Nous étions au niveau de kintambo magasin et avait demandé au motard de lui déposer à la station qui jouxte l’entrée du camp Tshatshi. Je me sentais en sécurité lors de ce petit trajet, lorsqu’en descendant, ce client que je croyais responsable, non seulement me toucha intentionnellement le postérieur, mais aussi a laissé entendre : tu as de l’avenir jeune fille. cette phrase m’a hanté pendant plusieurs jours après. C’était du harcèlement «  , a fait savoir avec dédain Cynthia Montiri.

La police dans l’incapacité de venir à la rescousse

Il est avéré que certaines femmes subissent le harcèlement sexuel sur la moto. À cela s’ajoute la problématique d’identification des auteurs de ces actes, surtout que les motos s’arrêtent et repartent vite. Ils descendent sans donner leur nom, et les victimes, donc, ces femmes harcelées se retrouvent sans recours. Pour plusieurs d’entre elles, aller porter plainte semble impossible comme le pointe Sandrine Okako de Matete, 29 ans.

« Aller porter plainte est une belle initiative, mais à la police, on nous demande des preuves. Comment veux-tu que j‘affirme qu’un homme m’a harcelé sur une moto, sans l’identifier ? On a l’impression que nos témoignages ne suffisent jamais. Alors beaucoup abandonnent avant même d’essayer »  a indiqué Sandrine Okako.

Signalons que plusieurs sources policières ont confirmé à la rédaction de Femmedafrique.net, avoir reçu des plaintes liées aux actes de harcèlement sexuel issues de plusieurs femmes. Cependant, le problème se pose toujours au niveau de l’identification de ces auteurs, qui, faut-il le souligner, montent sur les motos, descendent puis après, disparaissent dans la nature.

Est-ce que prendre seule la moto pour une femme, serait une solution adéquate pour se protéger du harcèlement sexuel ? D’autant plus qu’il faudrait dans ce cas, bien apprêter son portefeuille et faire face aux tarifs exagérés et décourageants des conducteurs des taxi-motos.

Maria Maba

L'auteur

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