Le commerce en ligne ou E-commerce est devenu à l’heure actuelle, une activité incontournable, exercée par plusieurs personnes, entre autres, les femmes, par lequel elles effectuent facilement des achats, ventes et livraisons sans pourtant avoir des boutiques physiques.
Les livreuses, elles, sont les personnes les plus importantes dans l’exercice de cette activité. Qui sont-elles ? et à quoi ressemble leur quotidien ? Les témoignages de Merveille Peniel Mbuyi et Julia Gedidia Nsimba, deux entrepreneures Kinoises pleines dedans dans le commerce en ligne, constituent sans nul doute les réponses à ces interrogations.

Trouver un emploi en RDC depuis belle lurette, reste un parcours de combattant, nonobstant les diplômes. Merveille Peniel Mbuyi et Julia Gedidia Nsimba, l’ont parfaitement compris.
Détentrices chacune d’un master dans deux options et universités différentes, ces deux Kinoises se sont lancées dans le commerce en ligne afin de s’autonomiser économiquement. Une manière pour elles, de contourner le chômage qui bat son plein particulièrement, à Kinshasa.

Du côté de Merveille Peniel Mbuyi, son activité principale qui est le E-commerce, lui permet de s’organiser. Elle la concilie aussi avec d’autres activités.
« Comme tout travail, le commerce électronique nécessite une bonne organisation. Je prépare mes journées le soir, tout en commençant à classer mes commandes. Je vérifie les articles disponibles puis j’organise les livraisons. Le matin, je commence ma journée à 9h30. je livre, fais toutes les transactions toute la journée et à 17h00, je clos les livraisons, car ce n’est pas prudent de livrer le soir ou encore la nuit. Ce qui est intéressant avec le commerce en ligne, ce que je peux combiner avec d’autres activités, déjà pour ce qui est de mon cas, je ne livre pas chaque jour. Je n’ai que mardi, jeudi et samedi pour servir mes clients et le reste des jours, je m’occupe à autre chose. »
Cependant, dans le déroulement de son commerce en ligne, Merveille Peniel Mbuyi a épinglé les différentes difficultés rencontrées en pointant plus la concurrence qui jadis n’était pas d’actualité.
« Tout n’est pas rose dans cette affaire. On rencontre des difficultés. Lorsque j’ai commencé le E-commerce, la rémunération était très bonne, je faisais des bons bénéfices, je me retrouvais financièrement, simplement parce qu’à l’époque bien des gens n’avaient pas encore pris connaissance de cette activité. Mais depuis un certain temps, les choses ont complètement changé, tout le monde s’est lancé dans ce secteur et comme vous pouvez le comprendre, quand un grand nombre des gens se rue dans une même affaire, cela impacte sur la rentabilité. Un autre souci, c’est la concurrence déloyale. Certains concurrents s’amusent à baisser le prix des articles juste pour attirer la clientèle, ce qui est inadmissible. Dans ce cas, on ne compte que sur les clients fidèles, connaisseurs de la valeur et de la qualité des marchandises livrées, parce que je vous jure, certains Kinois préfèrent plus la quantité que la qualité. Rire ! »
En outre, faire face aux clients indécis, insatisfaits, capricieux et impatients, est une autre étape difficile du E-commerce relevée par Merveille Peniel Mbuyi.
« Certains jours se ressemblent, et d’autres sont les plus compliqués. Nous faisons face aux clients insatisfaits, capricieux, c’est surtout les indécis sur leur propre taille. Ils commandent, puis n’apprécient pas la qualité de la marchandise lorsque nous livrons, et ne pensent pas à rembourser les dépenses effectuées pour arriver chez eux. Il y a aussi des clients impatients et ceux-ci sont les plus durs à gérer. Il faut savoir qu’il y a deux étapes dans la livraison. Quand je reçois les commandes et qu’elles coïncident que j’ai la marchandise, je livre directement, puis il y a des cas où quand l’article commandé est en rupture de stock, je le fais savoir au client qui souvent exige un délai court pour la livraison. Moi par exemple, je commande mes articles en Chine, en Turquie et souvent les colis n’arrivent toujours pas à temps. Là on est confronté parfois à un client qui exige tout simplement un remboursement. Plus tard quand les colis arrivent, on doit obligatoirement les vendre à d’autres clients qui doivent avoir les mêmes goûts, couleur, taille que les premiers. Un processus qui n’est pas du tout facile et souvent l’on se retrouve avec des colis difficile à vendre. »

Le témoignage de Julia Gedidia Nsimba, va dans le même que celui de Merveille Peniel Mbuyi. Elle a pointé les mêmes problèmes en ajoutant d’autres.
« Tout travail a ses dangers. Kinshasa est une grande ville et on est confronté à plusieurs situations. Parmi les difficultés, il y a des enlèvements auxquels font face nos livreuses, l’escroquerie, des clients qui commandent et une fois que la livreuse arrive à l’adresse indiquée, ils ne répondent plus. Désemparée, elle rebrousse chemin. Une autre difficulté, c’est la distance de certains clients qui n’est plus en adéquation avec les frais de livraison que nous demandons. Vous savez, à Kinshasa, le prix du ticket de transport dépend de l’humeur du chauffeur et du percepteur. Cette activité nous permet d’être autonome, certes. Mais, le commerce en ligne n’est pas une activité facile, peut-être que dans l’avenir on se tournera vers autre chose, mais pour le moment on y est quand même. Qui ne risque rien, n’a rien, dit-on », a conclu Julia Gedidia Nsimba en esquissant un sourire encourageant.
À coup sûr, dans un pays où le chômage bat son plein, le commerce en ligne demeure un grand moyen de survie pour plusieurs Kinoises. Un travail difficile, qui, toutefois, permet à ces femmes à subvenir à leurs besoins vitaux et à devenir autonomes économiquement. Une voie raisonnable pour toute celle qui a refusé de croiser les bras.
Maria Maba




