Le Fonds des Nations Unies pour la Population Africaine (UNFPA ) et le Ministère du Genre, Famille et Enfant, ont organisé un Café de presse, le lundi 24 novembre à Leon Hôtel à Kinshasa, en marge du lancement ce mardi 25 novembre, de la Campagne internationale des 16 jours d’activisme contre les violences à l’égard des femmes.
L’objectif était de dévoiler le Thème national de cette année, centré sur la violence numérique faite aux femmes et aux filles, et d’échanger avec les professionnels des médias sur les activités prévues jusqu’au 10 décembre 2025.
La Ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae, a révélé que si le thème international est « S’unir pour mettre fin à la violence numérique des femmes et des filles », la République Démocratique du Congo a choisi d’orienter ses activités sous la bannière “Ensemble, luttons contre les violences numériques faites aux femmes et aux filles”. Autrement dit, cette campagne nationale est intitulée « Tosa nga » (respecte-moi, ndlr).
La Ministre Ombae a souligné que, depuis des décennies, le silence et l’impunité ont permis aux violences faites aux femmes et aux filles de devenir une véritable pandémie mondiale, n’épargnant pas la RDC. Aujourd’hui, le thème de la campagne interpelle sur une nouvelle forme de violence : la violence numérique.
Le numérique, une nouvelle arme de violence

Dans son allocution, elle a déploré que le numérique, jadis symbole de progrès, soit de plus en plus une arme. Elle a cité des formes de violence en ligne telles que le harcèlement en ligne, la cyberintimidation, la diffusion d’images non consenties, les menaces, les discours de haine, la désinformation, le pédopiégeage, l’usurpation d’identité et l’hypertrucage ou deepfakes alimenté par l’intelligence artificielle.
Et d’insister sur l’urgence d’affirmer que la sécurité numérique est désormais un pilier essentiel de l’égalité entre les sexes.
La RDC a réalisé des avancées notables dans son cadre juridique, notamment grâce au Code du numérique de 2023 et à la loi de 2022 sur les télécommunications. Ces textes visent à lutter contre les violences basées sur le genre.
Toutefois, la Ministre a regretté que beaucoup de ces lois restent méconnues. Pour y remédier, le Ministère du Genre, famille et enfant déploiera une vaste campagne de vulgarisation, de sensibilisation et de mobilisation durant les seize jours, dans la capitale et dans toutes les provinces du pays.
Malgré ces avancées, Micheline Ombae a rappelé que la RDC reste meurtrie par une crise humanitaire, particulièrement dans l’Est, où les violences basées sur le genre prennent des proportions inacceptables. Martelant en outre que ces violences détruisent les familles, fragilisent les communautés et constituent un frein puissant au développement du pays.
Cette campagne nationale s’inscrit donc dans la vision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qui a fait de la masculinité positive, l’un des piliers de la mouvance sociale, vision amplifiée par la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka.
L’année 2025 marquant le trentième anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Beijing, le gouvernement réaffirme son engagement inébranlable à ce sujet. Cependant, l’éradication des violences est une responsabilité collective, justifiant ce message fort de la Ministre Micheline Ombae :
Aux hommes : Être les gardiens de la dignité et des alliés ;
À la jeunesse : Utiliser le numérique pour unir et non pour briser, refusant d’être les promoteurs de la haine ;
Aux leaders et professionnels des médias : Être les phares pour élever les consciences et défendre les lois.
La Ministre Micheline Ombae a conclu en appelant à l’unité pour faire de la République une terre où « la femme marche debout, respectée, protégée et honorée » et où « la jeune fille ne va plus grandir dans la peur mais dans la dignité. »
Thérèse Bukasa




