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Santé

Santé publique : Les Kinois ont-ils tiré un trait définitif sur la Covid-19 ?

La Covid-19, on n’en parle presque plus dans les rues de Kinshasa. A peine croirait-on à la disparition mystérieuse de la pandemie tant les comportements autrefois décriés ont repris leur droit de cité. Le respect des fameux gestes barrières pour lesquels le Gouvernement s’est investi à travers une grande campagne de sensibilisation n’émeut plus les consciences. Les Kinois gèrent desormais leur quotidien comme si de rien n’était, comme si la maladie a cessé soudainement d’exister.

Un petit tour dans les grandes artères et carréfours de cette mégalopole où grouillent près de 13 millions d’âmes permet de palper cette triste réalité. Le relâchement des gestes barrières dans le chef de la population est manifeste. Déjà, la promiscuité avec laquelle les gens se côtoient notamment dans le transport en commun est révélatrice d’un nouvel état d’esprit forgé à coup des rumeurs sur fond de désinformation.

L’annonce par la task force présidentielle de la baisse sensible des cas de contamination à la Covid-19 en RDC et particulièrement dans la capitale, hier encore épicentre de la pandémie, a entrainé du coup l’abandon des gestes barrières dans le chef de la population. Elle qui, au départ, ne croyait pas à l’existence de la pandémie considerait cette nouvelle comme un décret sanctionant la fin de la Covid-19. Et pourtant, il n’en était rien. La diminution des cas contagieux ne signifiait pas que la pandémie était totalement endiguée.

Faute de communication, le commun des Kinois ont renoué avec leur mode de vie d’antan, s’entendant dire qu’ils ne courraient désormais aucun risque de contamination. Dans les Universités et Instituts supérieurs, les étudiants ont repris de suivre les cours sans masques, collés les uns aux autres dans des auditoires hyper bondés.

Seule la prise de température à l’entrée de certains établissements d’enseignement supérieur et universitaire pouvait rappeller l’existence de la pandémie. Quant aux gestes barrières, ils se résument désormais au port d’un « cache-nez » dans quelques magasins et dans les administrations du centre-ville.

Au marché, vendeurs et clients se plaisent à se côtoyer quotidiennement de manière si proche qu’ils sont fortement exposés au risque de se contaminer mutuellement. Dans les allées étroites le long desquelles s’alignent les étalages, les nombreux clients se croisent sans cesse et se touchent pour se frayer un chemin, oubliant l’existence de la pandémie.

Sensibiliser, encore et toujours….

Ceci est loin d’être un cas isolé d’autant plus que cette scène est quasi similaire à ce qui se passe sur les lieux de deuil et de culte, mais aussi, dans des fêtes, voire dans certains services publics. Le port du masque est devenu aléatoire et facultatif. La distanciation sociale ne tient plus que d’un simple slogan au contenu creux. Entretemps, le vaccin ne fait pas recette chez des Kinois de plus en plus sceptiques.

Même l’annonce de la survenue de la troisième vague constituée des variants indien (Delta) et sud-africain (Beta) considérées comme plus meurtrière que les précédentes ne les a nullement ému. Bien au contraire, les Kinois ont trouvé là une occasion pour tourner en dérision la pandémie caricarturée comme la maladie des riches.

Entretemps, l’activité de fourmilière dans le vacarme des embouteillages, la ville tentaculaire de Kinshasa, avait repris ses droits. La réticence et l’inconscience quasi généralisées des Kinois à s’inscrire dans la lutte contre la covid-19 a véritablement atteint son paroxysme.

Que faut-il faire alors devant cette exarcerbation du scepticisme et de doute ? Cette question tareaude les esprits. En tout cas du côté des officiels, on continue de marteler sur l’impératif du respect des gestes barrières et, surtout, sur la vaccination qui demeure, à ce jour, la seule alternative plaussible contre la propagation du Coronavirus. Une modification des stratégies de communication s’impose en vue de la mise à jour que requiert l’environnement social actuel. Comme quoi, le Comité en charge de la riposte a décidemment du pain sur la planche…

Cet article a été réalisé avec l’appui de l’Union Européen International Partnerships @EUpartnerships

L'auteur

Journaliste reporter depuis 2006

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