À seulement près d’une semaine après la démolition des habitations anarchiques dans le tristement célèbre quartier Pakadjuma, dans la commune de Limete, par l’Hôtel de ville de Kinshasa, plusieurs familles sinistrées n’ont pas adhéré à l’idée d’être délocalisées dans la commune de la N’sele.
Elles reconstruisent des abris de fortune sur l’avenue des Poids lourds. Ces logis qui renaissent des décombres, constituent un signe d’une incertitude noire animant certaines d’entre ces sinistrés dont la plupart sont des femmes.
Il faut noter que plusieurs familles ont bâti leur vie dans ce quartier, venues principalement de l’espace grand Équateur, au nord ouest de la République Démocratique du Congo, où elles ont fait de ce coin de la capitale, leur demeure et ce malgré les conditions inhumaines qui le caractérisent, et l’insécurité.

Pour elles, le principal avantage de cette zone est son rapprochement avec le centre-ville, ayant la facilité de vaquer à leurs occupations susceptibles de les aider à vivre.
» Nous essayons de résister. Nous habitons ici depuis plusieurs années, nous avons un accès facile et rapide au centre ville et les différents ports, avec ce que nous faisons, nous subvenons aux besoins de nos familles, aller ailleurs n’est même pas envisageable pour nous. Comment on va faire ? Plusieurs y compris moi essayons de reconstruire des abris pour dormir, on ne peut pas laisser nos enfants passer nuit à la belle étoile » , a fait savoir Lorette Lokondo, vendeuse au port d’Apollo.
L’avenue des Poids lourds étant déjà mal réputée par l’insécurité, la population environnante est inquiète, craignant davantage, avec ces nouvelles constructions anarchiques, comme l’explique Pamela Baruti.
« Avant c’était imprudent d’utiliser l’avenue des Poids lourds, mais maintenant c’est très dangereux surtout la nuit, les habitants de Pakadjuma y font la loi, zéro pitié, zéro compréhension, ils veulent nous faire payer la décision de l’autorité provinciale et c’est déplorable. De notre côté. »
La peur de l’inconnu

Le gouvernement reste par ailleurs prévoyant en voulant reloger les habitants du quartier Pakadjuma dans la commune de la Nsele, une décision plutôt salvatrice mais qui a été très mal accueillie.
« N’sele est très loin, très très loin. Nous sommes habitués ici et nous savons comment nous nous débrouillons, là bas on ne connaît personne, c’est une nouvelle zone. On se pose beaucoup des questions, ne serons nous pas abandonnés ? Ici le transport est simple et si même c’est compliqué, nous marchons à pied, là bas c’est impossible. C’est le transport d’aller et retour qui va nous épuiser financièrement, parce que déjà il faudrait savoir que nous ne gagnons pas grand chose « , a laissé entendre Virginie Bowangala.

Pour rappel, l’espace qui a abrité le tristement célèbre quartier Pakadjuma appartient à l’ONATRA, réservé par ailleurs, pour le passage du train urbain. Son occupation entravait la mobilité, compromettait la relance du trafic ferroviaire et exposait les habitants à de sérieux risques.
Ce qui justifie sa démolition par l’Hôtel de ville de Kinshasa, dans le cadre de la campagne provinciale de « Retour à la norme », visant à rétablir l’ordre urbain, renforcer la sécurité et améliorer les conditions de salubrité dans cette partie de la capitale.
Maria Maba




