Le Forum national sur la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG) et la promotion de la masculinité positive organisé sous la houlette de l’ONG Femme Main dans la Main pour le Développement Intégral (FMMDI), a pris fin ce vendredi 27 février, à Kananga, après trois jours des travaux dans le cadre du Programme Justice, autonomisation et dignité de la femme et de la jeune fille (JAD) du PNUD, avec l’appui des Affaires Mondiales Canada.
Les participants, venus de Kinshasa, Mbuji-mayi, Luiza, Tshikapa, Tshimbulu et Kananga, ont adopté à cet effet, une série de recommandations pour lutter contre les VBG et promouvoir la masculinité positive, destinées aux autorités coutumières et politiques, aux partenaires techniques et financiers, aux leaders religieux et à la société civile.

1. Aux autorités nationales et provinciales :
– Au gouvernement :
– Appuyer les structures de lutte contre les VBG et la cellule technique mixte de la masculinité positive en renforçant les capacités des leaders des communautés pour promouvoir la campagne de sensibilisation à grande échelle ;
– Au gouvernement provincial du Kasaï Central :
– Appuyer la lutte contre les VBG et assurer la promotion de la politique de la masculinité positive dans la province ;
– Appuyer les autres territoires de l’espace Grand Kasaï dans la mise en place de la politique de la masculinité positive ;
– Octroyer une ligne budgétaire pour la vulgarisation de l’édit portant interdiction des coutumes avilissantes à l’égard de la femme et la jeune fille.

2. Aux partenaires techniques et financiers :
– Appuyer suffisamment les structures de lutte contre les VBG et celles de la masculinité positive pour faciliter une bonne continuité des actions.
3. Aux autorités traditionnelles et leaders religieux :
– S’engager dans la déconstruction des normes sociales toxiques et dans la lutte contre les VBG;
– S’investir dans l’organisation des dialogues communautaires auprès de la population.
3. À la société civile :

– Mettre en place des clubs de discussions au sein des communautés pour pérenniser les questions de lutte contre les VBG et la promotion de la masculinité positive.
Dans leur déclaration marquant la fin du Forum, les leaders communautaires et religieux ont considéré que les violences sexuelles constituent une violation grave des droits humains et un obstacle majeur à l’égalité de genres, à la cohésion sociale et au développement durable.
Ils ont à cette occasion reconnu que les normes socio-culturelles discriminatoires contribuent à la banalisation, à l’impunité et à la reproduction des violences faites aux femmes et aux jeunes filles.

Les participants se sont en plus engagés à condamner publiquement et sans équivoque toutes les formes des VBG, quelles que soient les opinions sociales, coutumières ou religieuses, et à promouvoir les valeurs morales de justice, d’égalité et d’équité, appelant du coup au soutien de l’application des lois de la République et de l’édit provincial portant interdiction des coutumes avilissantes.
Parmi ceux qui se sont exprimés en guise de clôture du Forum, il y avait aussi le Président de l’Assemblée provinciale du Kasaï Central, l’Honorable Guy Sabangu Kashala. Dans son allocution, il a salué l’implication des leaders communautaires, des partenaires techniques et financiers ainsi que des organisations engagées dans la lutte contre les VBG.
En soulignant que l’adoption de la Déclaration de Kananga constitue un engagement fort pour combattre l’impunité liée aux VBG, promouvoir des normes sociales respectueuses de la dignité humaine et renforcer l’accompagnement des survivantes.
Jean Claude Ngalamulume Bakamubia




