Ce samedi 21 mars 2026, le Réseau des Journalistes pour la Santé Sexuelle et Reproductive (RJSSR), avec l’appui de Marie Stopes RDC et de Hesperian Health Guides, a organisé un déjeuner de presse autour du thème : « Santé maternelle à l’heure de la gratuité de la maternité : entre engagements et réalités d’accès aux soins ».
Une rencontre a servi de cadre d’échanges entre professionnels des médias, experts du secteur et acteurs institutionnels sur les défis et perspectives liés à la mise en œuvre de la gratuité de la maternité en République Démocratique du Congo.
Intervention de Bibiche Mbete

Dans son intervention, Bibiche Mbete, Coordinatrice du RJSSR, a mis un accent particulier sur la responsabilité sociale des journalistes dans un contexte où la désinformation peut compromettre les efforts consentis dans le secteur de la santé. Elle a insisté sur la nécessité pour les médias de s’appuyer sur des données fiables, vérifiées et actualisées afin de produire des contenus utiles aux communautés.

Pour elle, la gratuité de la maternité ne peut produire des résultats durables sans une vulgarisation accrue de l’information, notamment en direction des femmes les plus vulnérables.
Bibiche Mbete a ainsi plaidé pour un partenariat renforcé entre journalistes, institutions publiques et organisations de la société civile afin de garantir une meilleure circulation de l’information et une appropriation réelle de cette politique par la population.
Marie Stopes International œuvre depuis 2018 dans l’amélioration à l’accès aux services de santé sexuelle

Abordant dans le même sens, Ange Dando, Représentant de Marie Stopes International, a rappelé que son organisation œuvre depuis 2018 pour améliorer l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive en RDC.
Il a souligné que la gratuité de la maternité constitue une avancée majeure, mais qu’elle doit s’accompagner d’une amélioration de l’offre des services, en termes de disponibilité des équipements, des produits de santé et du personnel qualifié.
À l’en croire, l’expérience de terrain montre que l’accès aux soins ne se limite pas à la gratuité financière, mais inclut également la proximité des services, la qualité de l’accueil et la continuité de la prise en charge.
Appelant dans le même temps, à consolider les efforts en matière de sensibilisation communautaire et de renforcement des structures sanitaires pour garantir une couverture effective et équitable.
Le rôle des prestataires

Intervenant sur le rôle des prestataires, Annie Tshiamala, Présidente de l’Association des sages-femmes de la RDC, a qualifié la sage-femme de « pilier incontournable » de la gratuité de la maternité.
Annie Tshiamala a expliqué que la réussite de cette politique repose en grande partie sur la compétence et la disponibilité de ce personnel de première ligne et encouragé les femmes à fréquenter les structures sanitaires dès la grossesse, en insistant sur l’importance des consultations prénatales pour prévenir les complications.

Toutefois, elle n’a pas manqué de relever plusieurs contraintes, notamment la surcharge de travail consécutive à l’afflux des patientes, le manque criant de sages-femmes dans certaines structures, ainsi que la persistance de pratiques informelles qui fragilisent la confiance des usagers.
La Présidente des Sages-femmes de la RDC a en outre insisté sur la nécessité d’améliorer la motivation, la formation continue et les conditions de travail des sages-femmes en RDC afin de garantir des soins de qualité.
L’usage des outils numériques pour contribuer à l’accès à l’information sanitaire

Dans une perspective d’innovation, Zacharie Mulumba, Représentant de Hesperian Health Guides, a présenté des outils numériques développés pour améliorer l’accès à l’information sanitaire.
Et de détailler trois applications mobiles portant respectivement sur l’avortement sécurisé, la planification familiale et la grossesse ainsi que l’accouchement sécurisé : Ces applications, gratuites et accessibles même hors connexion, sont conçues dans un langage simple pour toucher un large public, y compris les personnes peu alphabétisées.
Zacharie Mulumba a mentionné que ces solutions numériques visent à lever les barrières liées à l’information, en permettant à chaque individu d’accéder facilement à des contenus fiables sur sa santé.
La maternité à moindres risques est un pilier essentiel de la politique sanitaire en RDC

Pour sa part, Blaise Lunzayiladio Makiese, du Programme National de Santé de la Reproduction (PNSR), a indiqué que la maternité à moindres risques constitue un pilier essentiel de la politique de santé en RDC, tout en expliquant que cette approche repose sur plusieurs interventions clés, entre autres, les consultations prénatales, l’accouchement assisté par un personnel qualifié, la prise en charge des urgences obstétricales et néonatales, ainsi que la promotion de l’allaitement maternel.
Il a salué la mise en œuvre de la couverture santé universelle, qui contribue à réduire les barrières financières et à améliorer l’accès des femmes aux soins, tout en soulignant la nécessité de renforcer les ressources et les capacités du système de santé.Mariée,

De son côté, Mariane, Vice-présidente de l’Ordre des sages-femmes, a salué la gratuité de la maternité comme une avancée significative dans la protection des droits des femmes, qui a mis fin à certaines pratiques à l’image de la séquestration des patientes pour non-paiement des soins.
Elle a toutefois attiré l’attention sur les défis liés à l’insuffisance des ressources humaines et à leur mauvaise répartition : ’’ la réussite de cette réforme passe par une meilleure organisation du personnel et une valorisation du métier de sage-femme. ’’
Des progrès notables ont été enregistrés dans le domaine de la CSU

Nanette Diasikila a affirmé que des progrès notables ont été enregistrés en ce qui concerne le programme de la Couverture santé universelle (CSU) : ’’ une réduction de la mortalité maternelle et infantile a été constaté dans les zones couvertes. ’’
Elle a précisé que le programme de la CSU est actuellement opérationnel dans 18 provinces à l’instar de Kinshasa, Kongo Central ou Kasaï en tant que des entités pilotes.

Nanette Diasikila a en plus mis en avant les mécanismes de communication mis en place, le code *151#, qui permet aux populations d’interagir avec le système et d’accéder aux informations sur la gratuité des soins, en reconnaissant les défis persistants.
À cet effet, elle a invité la population à faire confiance à cette réforme et à recourir aux services de santé disponibles.

Au terme de cette rencontre, les participants ont reconnu que la gratuité de la maternité constitue une avancée majeure dans l’amélioration de l’accès en RDC. Néanmoins, ils ont insisté sur la nécessité de renforcer les ressources humaines, d’améliorer la qualité des services, de lutter contre les pratiques informelles et d’intensifier la sensibilisation des communautés afin de garantir à chaque femme un accès effectif à des soins maternels sûrs et de qualité.
Thérèse Bukasa




