Société

Santé sexuelle et reproductive : Des journalistes sensibilisés aux enjeux juridiques et sanitaires du Protocole de Maputo

Une vingtaine de journalistes a pris part, ce samedi 7 mars,  à Kinshasa, à un Déjeuner de presse organisé par le Réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive en collaboration avec Marie Stoppes RDC autour du thème : « Mise en œuvre de l’article 14 du Protocole de Maputo : enjeux juridiques et sanitaires ».

Cette rencontre avait pour objectif de renforcer les connaissances de professionnels des médias sur les questions liées aux droits sexuels et reproductifs des femmes en République Démocratique du Congo.

Dans son mot d’ouverture, Bibiche Mbete a expliqué que cette activité vise à permettre aux Journalistes de mieux comprendre les aspects juridiques et sanitaires liés à la mise en œuvre du Protocole de Maputo, mais aussi d’identifier les éventuelles barrières à son application.

Selon elle, les Journalistes ont un rôle essentiel à jouer dans la diffusion d’informations fiables sur les droits des femmes, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive et sur l’accès aux soins.

Au cours des échanges, la Juge Octavie Ndunga Diata, Magistrate au Tribunal de grande instance de Kinshasa-Matete et Secrétaire exécutive du Réseau des magistrats pour l’application du Protocole de Maputo (REMAP 14), est revenue sur les origines, les objectifs et la signification de la Journée internationale des droits de la femme, célébrée le 8 mars de chaque année.

La Magistrate Octavie Ndunga a rappelé que cette journée trouve son origine dans les luttes menées par les femmes au début du XXᵉ siècle pour réclamer l’égalité des droits, de meilleures conditions de travail et la reconnaissance de leurs libertés fondamentales.

Elle a également précisé que l’appellation correcte reconnue par les Nations Unies est « Journée internationale des droits des femmes », une journée destinée à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes et à évaluer les progrès réalisés dans la protection des droits des femmes.

Octavie Ndunga est revenue sur les thèmes international de l’édition 2026 : « Droits, justice et action pour toutes les femmes et les filles » et  national : « Droits garantis, autonomisation durable pour toutes les femmes et filles en RDC », pour mettre en exergue la nécessité de renforcer l’accès des femmes à la justice et de garantir leur autonomisation dans les domaines social, économique, politique et culturel.

Les réalités liées aux avortements sécurisé et clandestin

Le Docteur Michael Mboma, Médecin à l’Hôpital général de référence de Makala, a expliqué les réalités liées à l’avortement sécurisé et les risques associés aux pratiques clandestines.

Précisant qu’en médecine, l’avortement est défini comme toute interruption de grossesse avant l’âge de viabilité du fœtus, fixé à 28 semaines en RDC.

Il a en outre fait le distinguo entre les avortements spontanés et les avortements provoqués, surtout que ces derniers pouvent être dangereux lorsqu’ils sont pratiqués par des personnes non qualifiées ou dans des conditions précaires.

Michael Mboma a indiqué que l’avortement sécurisé doit être réalisé par un personnel de santé qualifié et formé, dans une structure sanitaire reconnue par l’État et à l’aide de méthodes recommandées par l’OMS, à savoir, la combinaison de médicaments comme la mifépristone et le misoprostol ou la technique d’aspiration.

Selon lui, ces pratiques permettent de réduire les complications et de protéger la santé des femmes.

L’aspect juridique du Protocole de Maputo

Intervenant sur l’aspect juridique, le Magistrat Baudouin Kipaka Basilimu, Conseiller à la Cour de cassation, a mentionné que le Code pénal congolais continue de sanctionner l’avortement criminel, tout en dépénalisant l’avortement sécurisé lorsqu’il est pratiqué dans les conditions prévues par l’article 14 du Protocole de Maputo.

Il a ensuite précisé que ce texte n’a pas pour objectif de libéraliser totalement l’avortement, mais d’encadrer son accès dans des situations précises, en cas de viol, d’inceste, d’agression sexuelle ou lorsque la grossesse met en danger la vie ou la santé physique et mentale de la femme.

À l’en croire, depuis la publication du Protocole de Maputo au Journal officiel en 2018, plusieurs avancées ont été enregistrées en RDC, autour de l’adoption de lois d’accompagnement et le renforcement des capacités des acteurs de la justice et de la santé.

Toutefois, des défis subsistent, a-t-il souligné, à l’image de l’insécurité dans certaines parties du pays et du manque d’information de la population sur l’existence et les dispositions du  Protocole de Maputo.

Les participants ont ainsi insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation et la production de contenus médiatiques fiables afin de permettre à la population de mieux comprendre les droits des femmes et les mécanismes mis en place pour leur protection.         

Thérèse Bukasa

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