Créés il y a plusieurs années, les réseaux sociaux ont pour but de relier des personnes, faciliter les rencontres en ligne et permettent le divertissement à travers le partage des contenus.
Mais depuis peu à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, particulièrement, ces médias sociaux se sont écartés de leur objectif primaire se laissant transformer en un lieu hostile ou de règlement de comptes, de cyberharcèlement, de chantage, de diffusion non consentie d’images intimes, d’attaques, d’insultes faciles, des menaces suite à une publication ou commentaire qui n’a pas plu, autant des fléaux qui détruisent des vies dans l’indifférence totale.
Rencontrées par la rédaction de femmedafrique.net , influenceuses, victimes des violences numériques ont partagé leurs histoires dont deux sous couvert d’anonymat.

Gemima Phanzu, influenceuse et motivatrice sur les réseaux sociaux Facebook et Tiktok explique comment une publication qu’elle a récemment postée sur la danse «Mukomboso» lui a valu des insultes gratuites.
« L’idée n’était pas de dénigrer qui que ce soit, mais je voulais simplement interpeller la conscience de la jeunesse Kinoise de certaines communes, alors qu’ailleurs les jeunes se battent pour leur développement personnel, d’autres passent leur temps à danser sur les réseaux sociaux autour des chansons peu instruites. Mais ce petit conseil sans arrière pensée m’a valu des insultes gratuites, les gens se sont attaqués même à ma vie privée, allant jusqu’à me menacer en privé, c’est dommage «, a-t-elle révélé.

Mwana Bandal, influenceuse sur tiktok a abordé dans le même sens, cumulant plus de 300.000 abonnés, souhaitant parler sous ce pseudonyme.
« Je venais de faire une vidéo dans laquelle j’encourageais les hommes avares à apprendre à donner de l’argent à leurs partenaires. Une vidéo plutôt innocente qui m’a coûté une pluie d’insultes venant des simples inconnus. J’ai été menacé par des appels anonymes, des hommes qui ont promis de coucher avec moi moyennant 5$. Bref, j’ai été harcelé et d’autres ont même insulté ma fille, c’était pénible. Ce que j’ai compris est que, les gens n’aiment pas qu’on leur dise la vérité «, a déploré Mwana Bandal.
Cette autre influenceuse a avoué être victime du chantage et de revenge porn : «Quand on dit qu’après l’amour c’est la haine, je l’ai confirmé parce que je l’ai vécu personnellement. J’envoyais des photos dénudées de mon corps à celui que je considérais comme l’homme de ma vie, mais après la rupture, il m’a fait subir un chantage innommable, m’exigeant une réconciliation sous peine de publier mes images sur les réseaux sociaux. Le temps de trouver un terrain d’entente, mes images s’étaient retrouvées sur internet. Une honte pour moi, ma famille, mon église et même ma communauté. Il a fini par prendre la fuite, jusqu’aujourd’hui l’on ne sait pas où le retrouver «, a-t-elle confié très attristée.

Par ailleurs, retrouver les coupables des ces actes de violence numérique est possible même si cela demanderait du temps. Mieux vaut prévenir que guérir dit -on. il serait donc important que les autorités compétentes prennent des mesures pour mettre en place des mécanismes visant à bloquer toute publication des images dénudées des personnes sans leur consentement sur toute l’étendue du territoire national, contrôler et empêcher également l’accès en RDC de ces publications intimes au cas où il se produirait à partir de l’extérieur.
Signalons que la Campagne de 16 jours d’activisme afin de lutter contre les violences faites aux femmes et aux filles a été lancée le 25 novembre dernier et se terminera le 10 décembre 2025. « Unis pour mettre fin à la violence numérique contre toutes les femmes et filles », tel est le thème choisi cette année. Pas d’excuse pour la violence numérique. Il faut toujours la dénoncer.
Maria Maba




