La République Démocratique du Congo franchit une étape décisive dans la protection de l’enfant. Ce mercredi 3 décembre, au Fleuve Congo Hôtel, à Kinshasa, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a procédé à la validation officielle de la Politique nationale de l’Enfant (PNE), un cadre stratégique inédit élaboré sous l’impulsion du Conseil national de l’Enfant (CNE), organe technique rattaché au Ministère du Genre, famille et enfant.
Avec cette validation, la RDC se dote pour la première fois d’un document unifié définissant les orientations nationales destinées à garantir les droits de l’enfant et à lutter contre toutes les formes de violences dont il peut être victime.
Cette démarche répond non seulement aux engagements internationaux du pays mais marque aussi une volonté politique affirmée de placer l’enfant au centre des priorités nationales.
Un engagement salué par la Ministre du Genre, famille et enfant

Prenant la parole à cet effet, la Ministre du Genre, famille et enfant, Micheline Ombae Kalama, a exprimé sa satisfaction face à l’aboutissement d’un processus long et participatif.
Elle a rendu hommage au Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo et à la Première ministre Judith Suminwa Tuluka pour leurs leaderships avant de souligner que la mise en œuvre de la PNE constituera désormais une mission essentielle de son ministère.
« La Politique Nationale de l’Enfant n’est pas un simple texte administratif : c’est un engagement collectif, une lumière qui guidera nos décisions, nos lois, nos budgets et nos actions sur le terrain en faveur des enfants », a affirmé la Ministre Micheline Ombae.
La cérémonie a également été marquée par l’intervention des enfants reporters, déterminés à voir cette politique appliquée sans exception ni distinction : « Nous voulons une politique vraie, appliquée et juste dans toutes les provinces de la RDC », ont-ils plaidé, rappelant l’urgence d’une mise en œuvre concrète.
Neuf axes prioritaires et plusieurs défis à relever

Au terme de trois jours de travaux, la PNE a été structurée autour de neuf axes prioritaires, couvrant notamment :
– La Promotion des droits de l’enfant ;
– La Prévention des vulnérabilités ;
– La Participation des enfants ;
– La Gouvernance intersectorielle ;
– La Justice adaptée à l’enfant ;
– Le Financement durable.

Les experts ont toutefois souligné plusieurs défis persistants, en l’occurrence, une faible allocation budgétaire, une coordination interinstitutionnelle encore limitée et une dépendance importante à l’aide extérieure.
Parmi les recommandations formulées, figurent le renforcement du CNE, la création d’un Fonds National pour l’Enfance (FNE), ainsi qu’une meilleure vulgarisation de la PNE sur toute l’étendue du territoire national.

Pour conclure, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a annoncé que la PNE sera intégrée dans la planification nationale et provinciale et inscrite dans le budget de l’État, confirmant ainsi la volonté du gouvernement de donner une portée réelle et durable à ce nouvel outil stratégique.
Thérèse Bukasa




