Société

Société :  » Wenze ya bitula  »  à  la rescousse de plusieurs vies à Kinshasa 

Dans les différents marchés de la capitale Kinshasa, tant pour les grands ou petits commerçants, personne ne vend de la même manière que l’autre chaque jour. Le commerce est diversifié. Il y a des vendeurs d’habits, des sacs, des chaussures ou des kits solaires.

Mais il y a également une autre catégorie des commerçantes qui vendent des marchandises périssables, notamment, des légumes, des tomates, des ciboulettes, des poulets ou poissons decongelés. Elles se voient être soldées, bradées surtout aux dernières heures de la soirée. D’où sort d’ailleurs le concept  » Wenze ya bitula  » ou  » Marché des invendus  ».

Car, au  » Marché des invendus  », le plus important pour les commerçants, c’est de récupérer au moins le capital. C’est un autre moyen facile pour les acheteurs d’avoir la bouffe dans leurs assiettes, sans malheureusement, mettre une attention particulière sur la qualité des marchandises qui ont passées toute la journée sous le soleil de plomb de Kinshasa. Sans oublier la visite des mouches.

Relevons que la ville de Kinshasa compte à ce jour selon les estimations plus de 15 millions d’habitants. Les plus chanceux sont ceux qui travaillent et qui ont un salaire mensuel, même si pour beaucoup, ce salaire ne joint pas les deux bouts du mois. Pour dire que la plupart des Kinois sont dans la débrouillardise, appelés en langage local  » coopération ou coop  ». Dans le lot, il y a  des entrepreneurs, des vendeurs, des tous travaux : l’essentiel est de subvenir aux besoins fondamentaux, on s’en fout des  promesses de l’État.

 » Wenze ya bitula  » ou  marché des invendus

Chaque Kinois se réveille le matin dans l’esprit d’aller chercher et dans l’espoir de trouver, conformément aux saintes écritures qui renseignent que  » celui qui ne travaille pas, ne mange pas non plus.  »

Cependant, les réalités dans les marchés de Kinshasa se différent, tout dépend du moment de la journée. Mais c’est au soir que l’on peut voir cet autre aspect de la vie à Kinshasa :   » Wenze ya bitula  » ou   » Marché des invendus  » où se vendent et s’achètent les aliments qui n’ont pas pu être liquidés durant la journée. Tout se passe sur les abords des marchés ou des routes, étant donné, c’est pendant ces heures là que plusieurs lieux de négoce ferment leurs portes.

Avenue Kianza, cette voie qui  sépare en deux le marché de Ngaba dans la Commune qui porte le même nom, où sont vendus des fruits, des produits décongelés, des légumes, des tomates, des ciboulettes dont la qualité s’est déjà détériorée à force d’être exposés au soleil, ou simplement suite à une mauvaise conservation.

Des vendeuses attirent des clientes par-ci, par-là, qui, dans la foulée, s’approchent et achetent quand même, malgré elles.

Observées devant ces étalages puis approchées par femmedafrique.net, ces clientes ont évoqué les raisons qui les poussent à fréquenter le  » Marché des invendus  » de l’avenue Kianza dont les aliments sont usés par le soleil, flétris, parfois colonisés par les mouches.

Nicole Ntumba, femme au foyer s’est expliquée :  » Je suis femme au foyer, mon mari est coopérant, tu sais ce que ça veut dire, il sort le matin pour aller chercher pour ne rentrer que le soir. Si au courant de la journée il perçoit quelque chose, il m’envoie par mobile money, là je fais le marché vers 16h, mais pour le cas d’aujourd’hui, il est revenu avec l’argent en main propre, il est 18h et c’est maintenant que je dois faire à manger, c’est difficile. Je commence à songer comment débuter un commerce, pour équilibrer les choses.  »

 » Tout est question des moyens… »

Cynthia Okako, épouse et mère de quatre enfants a confié :  » On a pas le choix, tout est question de moyens, l’argent que j’ai en main ne me permet pas d’acheter les aliments le matin ou à midi, parce que à ces heures là, les produits sont encore frais, donc trop chers. J’ai quatre enfants et si je m’attache au prestige, je ne pourrai pas les nourrir, c’est pour ça que j’attends souvent le soir, pour effectuer mon marché calmement. Je voudrai aussi de tout mon cœur faire le marché le matin, comme le font d’autres femmes, mais nos maris n’ont pas tous les mêmes moyens financiers que les autres.  »

Pour les vendeuses elles-mêmes, vendre jusque tard dans la soirée, n’est pas une mince affaire, surtout qu’elles encourent aussi le risque à en croire Sandrine Thamba :  » Vendre jusqu’au soir comme ça n’est pas facile, c’est juste pour nos familles, sinon nous courons des risques énormes, j’ai déjà été une fois escroqué par une dame qui avait un faux billet de 10 dollars. J’ai toujours eu du mal à les différencier, le temps que je me rende compte, elle avait déjà pris ma marchandise et était partie  », a-t-elle déploré.

Par ailleurs, il n’y a pas que le  » Marché des invendus  » de Kianza. Ces  » Wenze ya bitula  » sont un peu partout à Kinshasa, dans les communes de Matete et Limete par exemple où certaines vendeuses liquident les pains durs, c’est-à-dire qui ont duré deux à trois jours au lieu d’un jour habituellement, trois baguettes à 750 FC. Or, en temps normal, une baguette chaude coûte 500 FC.

 » Ici, si tu veux dormir affamé c’est ton problème. Il y a des gens qui achètent les pains de plus de 2 jours durcis et en mangent avec de la bouillie ou avec de l’eau chaude à base de lait et du sucre… L’heure est grave  », a soutenu un mécanicien, à côté d’une vendeuse des pains à la 13 ème rue à Limete.

Si plusieurs vies à Kinshasa sont sauvées par ces  » Marchés des invendus  », il faut tout de même signaler que beaucoup aussi se méfient des aliments issus des  » Wenze ya bitula  », au  vu de leur qualité qui pose problème, mettant sans conteste la santé en danger.

Maria Maba

L'auteur

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