Installés depuis plusieurs semaines devant le Palais du Peuple, siège du Parlement congolais, les sinistrés des inondations d’avril dernier à Kinshasa, passent nuit à la belle étoile pour exiger leurs indemnisations. Ils ont été surpris d’ailleurs, par les pluies torrentielles qui se sont abattues il y a quelques jours à Kinshasa.
ils étaient logés auparavant sur trois sites d’hébergement, notamment, au Stade des Martyrs, au Stade Tata Raphaël et à Maluku. Nombreux d’entre eux dénoncent ainsi les conditions de vie catastrophiques et insalubres dans lesquelles ils vivent.
Promesse du Chef de l’État, une lueur d’espoir

Réanimés d’espoir lors de la visite du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo sur les différents sites, dans la foulée, une aide de 10.000 $ aurait été promise à chaque sinistré. Cependant, d’après certains témoignages, plusieurs n’ont reçu que des sommes modiques allant de 100 à 500$. Des montants jugées très dérisoires, n’ayant pas reflété la promesse présidentielle.
Rencontrée par la rédaction du Femmedafrique.net, Esther Pambu, veuve, commerçante et victime des inondations d’avril dernier, a livré le témoignage de son vécu quotidien depuis leur installation devant le Palais du peuple.
« Nous sommes ici devant le palais du peuple depuis plusieurs semaines, notre passage devant la Cité de l’UA (résidence officielle du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, ndlr) n’a pas porté des fruits. Je suis une vielle femme, je vis ici avec mes enfants et mes petits enfants, j’ai perdu toute ma marchandise lors de cette tragédie. Depuis lors je n’ai pas pu me reconstruire, je suis complètement à terre. Dans cet endroit, les conditions de vie sont très pénibles, pas de toilettes, nous dormons à la belle étoile et personne ne se préoccupe de nous. Que font justement les députés que nous avons voté ? Parce que là, nous sommes devant eux » s’est-elle plaint.

Esther Pambu a profité de l’aubaine pour évoquer la problématique d’indemnisation qui, selon elle a été injustement repartie, abordant dans le même temps la non implication des autorités compétentes dans leur situation depuis qu’ils squattent la devanture du Palais du peuple de Kinshasa.
» La répartition des indemnisations a été très inégale. Certains ont touché des montants allant de 100 à 500 $, moi y compris alors que le Chef de l’État lors de sa visite, nous avait promis un montant de 10.000$. Nous sommes abandonnés, et n’avons reçu aucune visite des autorités nationales ou même provinciales. La ville de Kinshasa flotte et nous flottons avec elle. Nous avons aussi constaté que des personnes étrangères sont apparues sur les listes et ont été servies en premier. 500 $ en mains, comment se trouver un logement descent ou rescolariser mes enfants ? Sans oublier que je dois chercher une source de revenus ‘’, a déploré Esther Pambu.

Par ailleurs, la crainte s’est davantage accrue dans le chef d’Esther Pambu au vu du retour de la saison de pluie.
« Les pluies ont repris, la dernière nous a surpris en pleine nuit, dispersés, l’on ne savait pas où aller. Que le gouvernement ait pitié de nous, nous sommes des congolais et nous ne méritons pas cette injustice. »
Curieusement, le gouvernement congolais à travers la Vice-primature de l’Intérieur, s’était félicité en août dernier lors de la 55ᵉ réunion du Conseil des ministres du bon déroulement du processus de désactivation des sites d’hébergement des sinistrés des inondations d’avril dernier à Kinshasa, alors qu’en réalité, la situation de ces sinistrés, est plus que catastrophique sur le terrain.
Maria Maba




