Une génération s’en va et une autre remplace. À Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, ce sont les jeunes filles de la génération 2000, autrement dit, génération Z, qui sont en vogue : plus pétillantes, jolies et surtout plus sollicitées, justifiant le pouvoir d’ invincibilté qu’elles ont, certes. Mais, un pouvoir qui, de l’autre côté, cause la perte de plusieurs d’entre elles.
C’est vrai, l’histoire se répète. Les jeunes femmes d’hier, plus âgées aujourd’hui, ont connu la même situation à une différence près avec celles de la génération Z. Ces dernières sont nées à l’ère de l’internet ou de la digitalisation, une période où le matériel prône sur les valeurs morales, le sexe est quasi gratuit, obtenu au moyen d’un repas. Aucun questionnement sur l’avenir.
Adolphine Meta, mère de famille déplore cette situation : « J’ai toujours mal au cœur quand j’observe la génération Z, ça fait mal de voir des jeunes filles d’aujourd’hui brader leurs corps pour le téléphone dernier cri, les perruques, les habits. Où sont les téléphones Siemens, Sony Ericson qui ont régné à une certaine période à Kinshasa ? Que sont-elles devenues, celles qui s’étaient vendues pour ça ? Je ne cesse d’enseigner à mes filles de prioriser les études, afin qu’aucun homme ne vienne les exploiter pour un simple matériel demain. »
Des mauvaises rencontres

Il sied de souligner que les valeurs morales sont de plus en plus mises à l’écart au profit des biens matériels chez les jeunes filles de la génération 2000. Leurs discussions ne tournent presque plus autour des sujets importants de la vie, études ou valeurs chrétiennes par exemple.
Il faut plutôt être à la mode, et pour l’être, on doit posséder le téléphone dernier cri, les nouvelles perruques, les dernières collections de vêtements. Ne pouvant pas être capable de s’en procurer, la majorité de jeunes filles se tourne vers les hommes.
C’est là où plusieurs d’entre elles entretiennent des relations avec des hommes mariés, parfois plus âgés dans l’objectif d’obtenir à tout prix de l’argent. Elles finissent par céder aux caprices de ces hommes mariés appelés communément « sugar daddy ou sugar tonton », vendant ainsi leurs corps, pis leurs âmes dans une inconscience totale, étant donné que tous ces hommes là ne sont pas tous bien intentionnés.
Marie Chantal, 35 ans s’exprime en ce terme : « C’est dommage que nos petites sœurs n’aient pas le discernement de comprendre qui sont certains hommes d’aujourd’hui, car, plusieurs sont dans des histoires occultes, ils ne cherchent que des âmes à sacrifier et pour ça, ils sont prêt à dépenser. Voilà pourquoi plusieurs jeunes filles sont portées disparues, certaines sont tuées dans les hôtels comme des animaux dans l’abattoir. Pourquoi ? Parce qu’elles sont pressées. »

Par ailleurs, notons que la vie sociale est devenue très difficile, certains parents n’arrivent plus à subvenir aux besoins de leurs enfants, les laissant ainsi à la merci des bienfaiteurs profiteurs. Une autre raison qui empoisonne la génération Z.
Pour Cynthia Lemba, étudiante à l’Université Catholique au Congo (UCC), tout est permis mais pas nécessairement utile : « Je suis étudiante à l’UCC et allez-y comprendre, la pression que les jeunes filles s’infligent elles mêmes, c’est comme si elles étaient poursuivies par quelque chose : être propre ou présentable, est devenu obligatoire. Beaucoup de filles que j’ai connu ont perdu la raison, venues autrefois pour étudier ici, aujourd’hui elles sont dans tout sauf entrain de réfléchir pour leur avenir. »
Il relève de signaler que la jeunesse, la beauté et la vitalité sont passagères. D’où, la nécessité d’user de son corps et de sa vie, de manière décisive et responsable.
Maria Maba




