Près de vingt journalistes ont pris part, ce samedi 14 mars à Kinshasa, à un déjeuner de presse organisé par le Réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive, en collaboration avec Marie Stopes RDC.
Une rencontre fixée autour du thème : « promouvoir les masculinités positives pour prévenir et agir contre les violences basées sur le genre en RDC « , et qui avait pour but de renforcer le rôle des médias dans la promotion de comportements responsables et respectueux, en mettant en lumière la masculinités positive comme levier de transformation sociale.
À travers des échanges interactifs et des exposés des experts, les participants ont été sensibilisés sur l’impact des normes sociales et culturelles en lien avec les violences basées sur le genre (VBG), ainsi que le rôle déterminant des hommes et des garçons dans la construction d’une société plus équitable.

Ayant pris la parole en premier, Bibiche Mbete, Coordinatrice de RJSSR a de prime à bord présenté la structure aux nouveaux arrivants puis indiqué l’importance de la promotion de la masculinité positive.
« Nous sommes un réseau des journalistes, travaillant pour la promotion des droits en santé sexuelle et reproductive mais aussi sur les violences basées sur le genre qui constituent d’ailleurs un grand fléau dans notre pays. Mais nous savons que promouvoir la masculinité positive peut être une belle approche pour lutter contre les violences basées sur le genre à travers le pays« , a-t-elle indiqué.

Jean Vanga Mbo, Coordonnateur national adjoint de la Cellule technique mixte de la masculinité positive du Ministère du Genre, famille et enfant, a à son tour révélé qu’en 2024, il a été répertorié plus de 127.000 cas de violences à travers le pays mais qu’au delà de tout, les hommes auteurs de ces violences ne devraient pas être mis à l’écart.
« En 2024, nous avons répertorié plus de 127.000 cas des violences basées sur le genre sans compter d’autres formes de violence qui sont liées aux mariages forcés, etc. C’est une question qui concerne toute la société et nous sommes tous appelés à intervenir et agir contre les violences faites aux femmes. Par ailleurs, il se fait que dans la plupart des cas, les stratégies de lutte contre les violences qu’on a toujours prôné, mettent en avant les femmes en déclassant les hommes qui sont pourtant auteurs de ces violences, encouragés par certaines stéréotypes. Il faut dans ce cas associer les hommes dans cette lutte » , a-t-il fait savoir.
Et d’ajouter : « Ce qu’on oublie, est que ce garçon qui commet la violence, est aussi victime de la coutume. C’est tout ce qu’il a appris. L’arrêter et le jeter en prison ne suffit pas, il faut le prendre en charge et c’est même ça le sens de nos prisons qui sont des centres de rééducation des personnes, mais dommage, ces hommes qui commettent des violences sont emprisonnés et après leur libération, ils reviennent dans la société et commettent les mêmes crimes. »

Par ailleurs, Caroline Pindi Norah, Architecte et activistes des droits des femmes, Présidente de l’Asbl Milles et un espoir (MIES), s’est attardée sur les éléments qui bloquent la promotion de la lutte contre les violences faites aux femmes, touchant plusieurs secteurs.
« Nous avons beaucoup des stéréotypes et idées reçues que nous devons briser, aujourd’hui les gens n’interviennent plus lorsqu’un couple se bat en route, les gens sont devenus insensibles face aux douleurs des autres, préférant d’ailleurs filmer et poster sur les réseaux. Nous devons briser tous ces comportements, et il n’y a pas que le gouvernement qui doit aider, mais les familles aussi, l’entourage. Autre chose, c’est la manière dont on accueille la plainte d’une femme victime des violences et enfin le système patriarcal qui n’aide pas du tout. Le combat pour l’égalité des sexes n’est pas seulement pour les femmes mais aussi pour les hommes. »

Signalons que les organisateurs ont également insisté sur la responsabilité des journalistes dans la diffusion d’informations équilibrées et éducatives, capables de déconstruire les stéréotypes de genre et de favoriser une culture de respect et d’égalité.
Les discussions ont permis d’explorer des pistes concrètes de collaboration entre médias, organisations de la société civile et acteurs communautaires afin de renforcer la prévention des violences et promouvoir des modèles masculins positifs au sein de la société congolaise.
Maria Maba




