La Voix des Femmes et Jeunes Filles (JHR-RDC), en collaboration avec l’ONG Chari-Congo, ont organisé, ce mercredi 23 juillet 2025, à Kinshasa, une table-ronde autour de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Mobiliser les acteurs majeurs de la société civile et de l’état pour évaluer l’application de cette Résolution afin de définir les stratégies efficaces pour un plaidoyer qui va assurer une meilleure représentation de la femme dans le processus de prise des décisions, d’une part, renforcer l’implication effective des femmes dans les processus de paix, recevoir leurs cahiers de charge ou rallier les acteurs étatiques, de la société civile et les journalistes, pour soutenir cette implication féminine dans la recherche de la paix, d’autre part, tels ont les objectifs de cette table-ronde spécifiquement dans le souci de sensibiliser les décideurs sur l’application de la Résolution 1325.

Dans son mot d’ouverture, Prince Murhula, Gestionnaire Pays de Journalistes pour les Droits Humains (JDH/JHR), a signifié que cette rencontre s’inscrivait dans la suite logique de l’atelier tenu le 12 juin dernier, au cours duquel, les membres de la société civile, les professionnels des médias et d’autres acteurs clés, ont discuté sur la place des femmes dans les dynamiques de paix.
« Lors de cette activité, il est apparu clairement que la participation active de la femme reste encore minime et sa voix insuffisamment entendue dans les processus de pacification en cours, alors qu’elles figurent parmi les premières à être affectées par les conflits. À l’issue de cet atelier, une recommendation majeure a été formulée : organiser une table-ronde pour permettre un dialogue approfondi et un plaidoyer coordonné pour l’intégration effective des femmes dans les processus de paix », a fait savoir Prince Murhula.

De son côté le Président de la Commission Nationale des droits de l’homme, Excellence Paul Nsapu a salué l’initiative tout à déplorable la sous représentativité de la femme dans les négociations récentes de Washington et Doha, il serait important de les impliquer.
Il a exhorté les participants a préparé un plan de plaidoyer avec les structures de mise c en œuvre de la Résolution 1325

Annie Matundu, quant à elle, a mis un accent particulier sur la Résolution 1325 des Nations Unies en affirmant qu’il y avait d’autres Résolutions qui existaient avant mais qui n’étaient pas prises en compte, tout en précisant que la Résolution 1325 permet à la femme d’être au centre du processus de paix et de sécurité.
La représentante du Ministre du genre, famille et enfant, Léonnie Kandolo, empêchée, a mis en exergue quatre piliers, notamment la participation des femmes au niveau décisionnel en matière de résolution des conflits, la protection des femmes et filles contre les violences sexuelles et celles basées sur le genre, la prévention des conflits en intégrant une perspective de genre ainsi que le relèvement post conflits tenant compte des besoins spécifiques des femmes.
« Aussi longtemps que les femmes ne seront pas prises en compte dans ces processus, il n’y aura aucun changement », a martelé Annie Matundu.

Monsieur Idryss Katenga Mulolwa, président de la commission d’intégrité et médiation électorales a noté que la présence des femmes dans la Résolution des conflits est devenue incontournable pour bâtir une paix durable. Il a souligné qu’une sagesse populaire dit: » si vous voulez des discours, demandez aux hommes, si vous voulez des actions, demandez aux femmes ».
Il a également relevé quelques défis persistants et obstacles, notamment l’absence de mécanismes formels garantissant la participation des femmes aux négociations de paix et aux processus décisionnel post-conflit; le sous financement chronique des initiatives de paix menées par des femmes, limitant leur portée et impact potentiel; la persistance des normes patriarcales limitant la légitimité des femmes comme negociatrices ou médiatrices dans de nombreuses sociétés ainsi que les risques accrus pour les femmes militantes qui s’exposent souvent à des représailles, intimidations ou violences ciblées.

Pour sa part, la Députée nationale Christelle Vuanga, a soutenu que pour que la femme congolaise puisse participer à la prise des décisions, elle doit elle-même être présente dans la sphère politique.
Elle a également axé son intervention sur le fait qu’avant d’accéder à la gestion de la chose publique, les femmes doivent y arriver soit par la technocratie soit par la partitocratie.
La République Démocratique du Congo traverse une crise profonde et alarmante, marquée par des conflits armés imposés par les troupes armés rwandaises et leurs supplétifs de l’AFC/M23, qui sont à la base des multiples violations graves des droits de l’homme.
C’est souvent les femmes et les filles qui en paient le prix le plus lourd. Et pourtant, ce sont elles aussi qui, dans l’ombre ou dans la lumière, portent des solutions durables. Elles réconcilient les familles, reconstruisent les communautés, et résistent à la peur avec une force remarquable. La paix véritable ne peut exister sans leur participation active.

Dans un tel contexte, le rôle primordial des journalistes en tant que vecteurs d’information, est de pouvoir amplifier la voix des femmes, de documenter leurs actions pour la paix, de dénoncer les injustices dont elles sont victimes, et de contribuer à briser les stéréotypes qui les enferment dans des rôles passifs.
La neutralité journalistique ne signifie pas l’indifférence. Elle exige au contraire une prise de position éthique en faveur de la justice, de la vérité et des droits humains.
Par ailleurs, le rôle et l’engagement des journalistes qui sont en lien direct avec les communautés, au service de la paix, est aussi fondamental.

Raison pour laquelle les acteurs étatiques, les organisations de la société civile et les journalistes, se sont mis ensemble pour évaluer l’application de la résolution 1325 et constituer des alliances forte et solides afin de mener un plaidoyer efficace en vue d’une implication effective de la femme dans les différents processus visant la restauration de la paix en RDC.
C’est dans le cadre de son projet « Canada-Monde » que La voix des femmes et jeunes filles (JHR-RDC), en collaboration avec l’ONG Chari-Congo, ont tenu cette activité dans la salle Monseigneur Munzihirwa, à la Paroisse Sacré-Cœur de la Gombe.
Christelle Mpongo




