C’est dans la salle de réunion de la Documentation du Ministère de la justice et garde des sceaux que le Cadre Permanent de Concertation de la Femme Congolaise (CAFCO), en partenariat avec Open Society Africa (OSA), a organisé ce samedi 29 novembre, un atelier consacré à la mise en place d’un système électoral favorable à la participation politique des femmes en République Démocratique du Congo.
L’objectif de cette rencontre était de renforcer la compréhension et l’engagement des acteurs politiques et institutionnels en faveur d’un cadre électoral garantissant une meilleure représentation des femmes.
Pour le CAFCO, il s’agit d’un enjeu crucial : malgré des progrès réalisés depuis les premières élections pluralistes de 2006, la participation féminine reste faiblement encouragée et souvent freinée par des obstacles structurels.

Dans son mot de bienvenue, la Directrice exécutive de CAFCO, Grâce Lula a chaleureusement accueilli les participants, soulignant l’importance de la présence de chacun malgré leurs occupations. Elle a remercié dans le même temps le partenaire Open Society Africa pour son soutien.
Grâce Lula a ainsi rappelé que les femmes ne doivent pas se limiter à occuper des postes électifs, mais aussi à renforcer leur présence au sein des mouvements citoyens et des organisations de la société civile. Selon elle, la compréhension du système électoral, notamment la manière dont les voix se traduisent en sièges — est essentielle pour permettre aux femmes de mieux se préparer et de choisir des formations politiques capables de mobiliser suffisamment d’électeurs.

Pacifique Nkuzi, Chargé de la participation politique et de la lutte contre les violences électorales faites aux femmes à l’ONU Femmes RDC, a quant à lui mis en lumière un enjeu majeur : le seuil légal de représentativité. À l’en croire, l’exigence d’obtenir au moins 1 % des voix au niveau national et des seuils encore plus élevés aux niveaux provincial (3 %) et communal (10 %) constitue un frein important pour les petites listes et les partis émergents, souvent portés ou soutenus par des femmes.
Ce mécanisme favorise les grandes formations politiques, généralement dominées par des hommes, et pénalise les mouvements citoyens ou les collectifs féminins, limitant ainsi l’accès des femmes aux espaces de décision.

Pour améliorer la participation féminine, plusieurs pistes ont été proposées, entre autres, l’obligation stricte de la parité sur les listes électorales, avec rejet automatique des listes non conformes ; l’encadrement légal des processus de sélection interne dans les partis politiques afin d’imposer des quotas ou des listes zébrées ; la réduction ou la suppression des frais de candidature pour les femmes ; ou encore la création d’un organe indépendant chargé de contrôler la mixité des listes et de sanctionner les violations, en collaboration avec la CENI.
L’absence d’experts de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) à cet atelier n’a pas découragé les organisateurs, qui envisagent d’autres initiatives similaires pour instaurer un dialogue direct avec l’institution. Car, l’objectif est de promouvoir des réformes électorales concrètes visant à lever les barrières qui freinent une forte participation féminine.

Cet atelier a constitué une étape importante dans la lutte pour une représentation politique plus équitable. En réunissant acteurs institutionnels, organisations féminines et partenaires internationaux, le CAFCO et OSA réaffirment leur volonté commune de contribuer à un avenir où les femmes pourront participer pleinement aux décisions politiques qui façonnent la RDC.
Thérèse Bukasa




