Le Cadre Permanent de Concertation de la Femme Congolaise (CAFCO), en partenariat avec la Délégation générale Wallonie-Bruxelles, a organisé ce mardi 24 mars une journée d’échanges riche et engagée autour du thème : « Femmes leaders et jeunesse engagée : renforcer le transfert de compétences pour une transformation sociale et une gouvernance inclusive ».
Cette rencontre, tenue au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, a réuni plusieurs personnalités de premier plan, notamment la Députée nationale, Dominique Munongo, la Ministre en charge des PVH, Irène Esambo, la Ministre honoraire du Genre, famille et enfant, Gisèle Ndaya, ainsi que d’autres panélistes issues de divers horizons.

Dans son mot de bienvenue, la Directrice exécutive du CAFCO, Grâce Lula, a salué la présence des participantes et insisté sur l’importance de cette initiative. Elle a rappelé que la lutte pour les droits des femmes en République Démocratique du Congo, est le fruit d’un long combat mené par plusieurs générations.
Elle a rendu hommage aux pionnières telles que Sophie Kanza et Catherine Nzuzi wa Mbombo, dont les actions ont permis des avancées majeures, en matière de participation politique et de reconnaissance juridique des droits des femmes en guise d’exemple.

Pour Grâce Lula, cette rencontre s’inscrivait dans la logique de pérennisation de ces acquis à travers la transmission des connaissances :
« L’avenir du combat pour les droits des femmes repose sur l’engagement de la nouvelle génération », a-t-elle affirmé.
Elle a également présenté l’Académie CAFCO, lancée en décembre 2024, comme un cadre structurant de coaching et de mentorat visant à renforcer les capacités des jeunes femmes leaders.

Au nom de la Délégation Wallonie-Bruxelles, Rosette, a souligné que l’initiative organisée dans une dynamique internationale, visait la promotion du leadership féminin.
Elle a dressé un constat préoccupant : malgré leur poids démographique et leur contribution socio-économique, les femmes congolaises restent sous-représentées dans les instances décisionnelles, avec une proportion souvent inférieure à 20 %.
Face à ces défis, la Représentante de la Délégation Wallonie-Bruxelles a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de mentorat, de formation et de réseautage, tout en saluant les efforts du CAFCO à travers son programme Académie : «Promouvoir la participation des femmes aux instances de décision est une condition essentielle pour un développement durable. »
Des témoignages édifiants et engagés

La Députée nationale et Princesse des Bayeke, Dominique Munongo a marqué l’assistance par un témoignage poignant retraçant son parcours, de la précarité à l’engagement politique.
Elle s’est attardée sur l’importance de l’autonomie financière, de la résilience et des convictions dans la carrière politique et d’encourager les jeunes femmes à oser s’engager : « En politique, il faut avoir des convictions et s’imposer. Osez, mes grandes dames ! », a-t-elle lancé.

De son côté, la Ministre Irène Esambo a mis l’accent sur le savoir-faire et la préparation intellectuelle des femmes.
Elle a exhorté les jeunes à élargir leurs connaissances au-delà des questions de genre afin de participer efficacement aux débats de société : « Vous devez être des femmes de débat, capables de s’exprimer sur les grandes questions nationales et internationales. »

La Ministre honoraire et actuelle PCA d’une entreprise publique, Gisèle Ndaya a, quant à elle, martelé sur la nécessité pour les jeunes femmes de se connaître elles-mêmes, de définir clairement leurs ambitions et de s’inspirer des modèles existants.
Elle a saisi l’opportunité pour souligner que la réussite passe par la discipline, la vision et la capacité à transformer les obstacles en opportunités.
À l’en croire, la jeunesse féminine actuelle représente un maillon essentiel dans la continuité du combat pour la promotion des droits des femmes : « Sans continuité, la lutte pour la promotion de la femme ne restera qu’un simple discours », a-t-elle averti.
La voix de la société civile pour une jeunesse impliquée

Le deuxième panel, animé par des femmes de la société civile, a constitué un espace d’échanges interactifs centré sur les réalités et aspirations de la jeunesse féminine.
Les intervenantes ont partagé leurs expériences de terrain, mettant en lumière les défis auxquels font face les jeunes filles, à la lumière du manque de confiance en soi, des contraintes socioculturelles et de l’insuffisance d’accompagnement.
Elles ont également insisté sur l’importance de l’éducation, de la formation continue et du développement personnel comme leviers essentiels pour l’émergence d’un leadership féminin fort.

Dans la continuité des échanges, un accent particulier a été mis sur la nécessité pour les jeunes femmes de s’informer, de se former et de développer un esprit critique afin de participer activement aux débats publics et aux processus de prise de décision.
Les intervenantes ont aussi souligné que la réussite ne peut être individuelle, mais collective. Elles ont ainsi appelé à la solidarité, à la création de réseaux et au renforcement des liens entre femmes : « Restez unies, tenez-vous la main, car ensemble vous irez plus loin », ont-elles conclu.

Au terme de cette journée, un message significatif s’est dégagé : la promotion du leadership féminin passe par une collaboration intergénérationnelle, une transmission efficace des compétences et un engagement collectif.
Thérèse Bukasa




