Le Ministère du Genre, famille et enfant a servi de cadre, ce mardi 27 janvier, au vernissage de l’ouvrage intitulé « Résolution 1325 : Évolution après 25 ans d’engagement pour la Paix et la Sécurité des Femmes », signé par Annie Matundu Mbambi, experte en genre et de l’Agenda Femmes, paix et sécurité des Nations Unies.
Cette cérémonie, marquée par plusieurs interventions de haut niveau, a réuni des autorités gouvernementales, des actrices de la société civile congolaise, des partenaires techniques et des personnalités engagées dans la promotion des droits des femmes. Tous ont convergé vers une même conviction : sans les femmes, la paix reste fragile.

Au cours de la présentation de son ouvrage, Annie Matundu a souligné la dimension profondément humaine et engagée de son travail : « La Résolution 1325 n’est pas un moment figé. Elle est un chant vibrant, celui des femmes qui reconstruisent la paix là où tout semblait perdu. »
Elle a rappelé que ce livre est à la fois une mémoire, un témoignage de vie et un appel à la responsabilité collective, appelant à une appropriation renforcée de cet agenda par l’Afrique francophone afin de combler les 25 années d’engagement.
À l’en croire, les femmes ne sont plus à la marge des processus de paix : « Les femmes ne réclament plus une place à la table de la paix, elles redessinent la table et transforment la paix en un projet collectif. »

Prenant la parole au nom du Gouvernement de la République, la Ministre du Genre, famille et enfant, Micheline Ombae Kalama a salué l’ouvrage le qualifiant de « mémoire vivante, outil de réflexion et appel à l’action », mentionnant que la Résolution 1325 a marqué un tournant historique en reconnaissant que « la paix et la sécurité ne peuvent être durables sans la pleine participation des femmes ».
Tout en étant consciente des progrès réalisés en RDC, la Ministre Micheline Ombae a souligné que « beaucoup reste à faire », notamment face aux violences basées sur le genre et à la sous-représentation des femmes dans les négociations de paix : « La résolution 1325 nous impose une obligation de résultat. »

La voix de la société civile congolaise s’est également fait entendre. Grâce Lula, Directrice exécutive de la CAFCO, est revenue sur le rôle déterminant des femmes congolaises dans l’appropriation de la Résolution 1325 dès les années de conflit.
Elle a fait marche en arrière, en soulignant que malgré leur faible représentation au dialogue intercongolais de Sun City, en Afrique du Sud, les femmes ont mené tout de même un plaidoyer historique ayant permis d’intégrer leurs priorités dans les différents accords.
« La Résolution 1325 doit être localisée et vécue au quotidien, jusque dans les mécanismes de paix à la base », a plaidé Grâce Lula.

De son côté, Sylvia Adou Gougoua, spécialiste du pilier Femmes, paix et sécurité, a mis en lumière la portée stratégique de l’ouvrage, le présentant comme « un acte de mémoire, un outil de transmission et un levier de plaidoyer » valorisant l’expertise des femmes congolaises dans la médiation et la cohésion sociale.

Julienne Lusenge a, quant à elle, ascensé le courage et la constance de l’auteure : « Ce livre est un outil de référence et de plaidoyer pour les générations présentes et futures », a-t-elle affirmé, plaidant à la mise en œuvre effective des recommandations qui y sont formulées.

Intervenant en tant que participante, l’Honorable Antoinette Lokomba a exprimé son appui à la Résolution 1325, et d’ajouter qu’ « une paix construite sans les femmes est une paix fragile ».
Antoinette Lokomba a en outre martelé sur les piliers fondamentaux de cette résolution, en l’occurrence, la participation, la prévention, la protection et le relèvement, tout en voulant leur appropriation au niveau local pour anticiper les conflits.

Moment symbolique du vernissage, la Ministre du Genre, famille et enfant, Micheline Ombae, après plusieurs heures d’attente, a enfin porté l’ouvrage « Résolution 1325 : Évolution après 25 ans d’engagement pour la Paix et la Sécurité des Femmes » sur les fonts baptismaux.
Un geste qui a consacré un travail de mémoire et de plaidoyer d’Annie Matundu Mbambi et réaffirmé l’engagement du Gouvernement en faveur de la participation des femmes aux processus de paix et de sécurité.

Au-delà du vernissage, cette activité a constitué un moment fort de mobilisation collective, pour dire que la Résolution 1325 demeure un cadre essentiel pour bâtir une paix inclusive, durable et véritablement humaine en République Démocratique du Congo.
Thérèse Bukasa




