Société

La fin de l’année et ses réalités à Kinshasa : “Alors, c’est pour quand le bébé ? ”, une question qui déchire ou gâche la Noël dans plusieurs couples

À Kinshasa, la fête de Noël est fortement célébrée, considérée comme celle des enfants. Elle réunie des membres des  familles autour des repas ou des débats sur  le quotidien et autres. Mais c’est aussi une occasion où chaque parent s’entretient avec ses enfants, et c’est en ce moment là que surgit de nulle part ces fameuses questions, qui font régner un silence noir, accompagné d’un gêne sans nom :  « Alors, c’est pour quand le bébé ? » ;  « Et le petit frère ou la petite sœur, viendra quand ? »  Des interrogations lancées en l’air, souvent avec un sourire forcé, mais qui piquent ceux n’ayant pas d’enfants.

Un grand fossé entre désirer un enfant et l’avoir

En Afrique et plus particulièrement, en République Démocratique du Congo, avoir des enfants constitue une richesse. Il est en plus considéré comme un signe de fécondité et de perpétuation du nom du géniteur. Cependant, être dans l’incapacité d’avoir des enfants, est très pénible.  

Un malheur qui se frotte souvent avec la fête de Noël, agissant comme un agent amplificateur de cette douleur. Sans oublier qu’à côté, défilent les images des familles sur les réseaux sociaux mettant en avant leurs enfants.

Notons que la question  « C’est pour quand ? », impose une réponse impossible. Soit on esquive avec un sourire forcé, soit on révèle quelque chose de très intime, au risque de créer un malaise général. Beaucoup témoignent de cette double peine : devoir gérer sa propre douleur, tout en rassurant les autres, qui se sentent soudain mal à l’aise pour avoir posé une telle question.

Quand on a déjà un enfant… et que cela suffit

Autre situation très fréquente, et pourtant peu entendue, c’est celle des parents à qui l’on demande sans cesse :  «Le petit frère ou la petite sœur ». Comme si avoir un seul enfant était forcément incomplet et qu’il fallait ajouter. Pour certaines familles, cette question est toujours mal perçue, soit parce que la première grossesse a été douloureuse physiquement ou psychologiquement ou soit parce que le post-partum a été violent, sans tenir compte que le quotidien avec un enfant est déjà intense et épuisant.

Là encore, la question est intrusive. Elle invisibilise la charge mentale, les réalités financières, la fatigue, et l’histoire personnelle de chaque parent. Elle fait comme si la parentalité était une suite logique d’étapes à cocher, sans jamais interroger ce que cela coûte réellement à celles et ceux qui la vivent.

Oui à Kinshasa, la parentalité est considérée comme une norme incontournable, un passage obligé pour être pleinement adulte et accompli. Elle permet de projeter, de maintenir une idée très normative de la famille, de donner du sens aux réunions générées par la fête de Noël.

Signalons que lors de la Noël, on ne sait jamais ce que traverse l’autre. Derrière  «un pas encore », un sourire ou un silence, il peut y avoir un parcours médical épuisant, une maternité compliquée.

Le meilleur cadeau pour la fête de Noël, c’est d’arrêter de poser la question  « c’est pour quand l’enfant ou un autre enfant ? » : et de la remplacer, par un silence respectueux ou par un « comment vas-tu ? » À coup sûr, Ils ne font pas si mal.

 

Maria Maba

L'auteur

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