Société

Kinshasa : Les expressions linguistiques qui font partie intégrante de la Kinoiserie

Dans le mélange culturel et linguistique propre à la RDC, sortent des mots et expressions uniques, propres aux Kinois. Formés du français, avec un peu d’anglais et surtout du lingala, ces termes font partie intégrante de la « Kinoiserie », concept qui renferme les habitudes, la mentalité, le langage, et autres traits culturels des Kinois.

La RDC est une ancienne colonie belge et la langue française est l’un des héritages reçus et transmis de génération en génération jusqu’à ce jour. Premier pays francophone au monde en termes de l’immensité de sa population estimée selon certaines sources à plus de 110.000.000 d’habitants.

À cet effet, découvrons cette diversité langagière propre aux Kinois :

« Dans les bruits »

« Être dans les bruits » renvoie à l’ambiance du week-end. Une ou plusieurs personnes se trouvant dans un endroit bruyant, une fête, une terrasse, une boîte de nuit, etc. Terme rendu célèbre par ailleurs, par l’humoriste Herman Amisi. Une expression qui est bien entrée dans le lexique Kinois et compte bien y rester.

«Oko sumba hein yaya »

« tu vas chier, ndlr », cette expression est sortie de l’ordinaire et a emballé une catégorie des Kinois. Très répandu dans le quotidien des Kinois, « oko sumba hein yaya » est utilisé pour faire comprendre à quelqu’un que son calvaire ou problème ne fait que commencer. Autrement dit, le pire est à venir.

« You will kemba »

Créé et rendu célèbre par l’interprète Kinois d’un serviteur de Dieu lors d’une prédication. Un terme contenant l’anglais et le lingala, devenu courant à Kinshasa.

De l’anglais « you will » qui exprime le futur et de lingala « kemba » qui signifie endurer ou souffrir, il signifie : « tu vas encore souffrir, ce n’est pas encore fini, tu vivras encore cette souffrance. « 

Souvent utilisée dans un cadre convivial, cette expression cache néanmoins une vérité. Quelqu’un qu’on avertit sur quelque chose, mais qui s’entête. Et quand les choses tournent au vinaigre, on lui balance « you will kemba. « On peut aussi entendre « I’m kembing« , utilisé aussi pour exprimer sa propre douleur.

« Deuxième bureau »

La polygamie n’est pas légale en RDC. Néanmoins, certains hommes considèrent et entretiennent les maîtresses au même titre que leurs épouses légitimes. Ils les prennent en charge, louent des appartements pour elles ou encore achètent tout pour elles.

Ces maîtresses couramment appelées deuxièmes bureaux, contrairement aux épouses légitimes qui sont vues comme des premiers bureaux. Une polygamie bien entretenue par les hommes Kinois.

« Tantine ya quartier »

À Kinshasa, une femme avancée en âge ayant 38 ou 40 ans sans mariage, habitant encore sous le toit parental est surnommée « tantine ya quartier », (tantine du quartier, ndlr).

Il faut signaler que ces femmes ont bien profité de leur jeunesse, ne se préoccupant pas de l’âge, du mariage ni même de leur avenir, n’ayant aucune carrière professionnelle, elles dépendent financièrement des gens.

« Faux momie »

Le terme momie à Kinshasa signifie femme, jeune fille. Associé à l’adjectif faux, il qualifie une femme laide, n’ayant pas ce qu’il faut pour les hommes, c’est à dire une belle taille ou des courbes.

Son usage est fréquent lorsqu’une femme ne répond pas favorablement à l’appel d’un homme en guise d’une drague.

Ne se souciant pas du genre féminin du mot qui suit le mot faux, ce qui importe c’est la compréhension. On trouvera à côté les termes similaires : faux chérie, faux petite.

« Prêtre »

Quand on parle de prêtre, les gens ne font plus trop allusion à un homme de Dieu, plutôt, ils pensent directement à un boss ou malabar, c’est-à-dire à quelqu’un qui offre de l’argent aux gens.

Oui, parce que est prêtre à Kinshasa, cet homme riche et qui offre de l’argent aux gens qui chantent pour lui, qui lui font des éloges. Alors, grand prêtre, c’est pour exprimer l’immensité de la fortune de cette personne généreuse.

À cet effet on entendra : « wana aza grand prêtre » qui veut dire en français, « celui là est un homme fortuné. »

« Bâiller »

« Na bâiller na nga », je suis à bout, je suis découragé. Le verbe bâiller a gagné une autre signification par la déformation involontaire de sa signification à Kinshasa. Il est utilisé depuis quelques temps pour exprimer le découragement total, l’abandon.

En somme, toutes ces expressions linguistiques issues de la Kinoiserie, font la beauté du lingala, une des langues nationales de la RDC, parlé à Kinshasa. Un mixage qui donne au lingala, un style particulier par rapport aux autres langues.

Maria Maba

L'auteur

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