Société

Exploitation forestière illégale au Cameroun : Le CED met en lumière les pratiques de cette infraction dans son rapport d’enquête

C’est au terme de ses nombreuses enquêtes en zones d’exploitation forestière que le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED), une ONG basée à Yaoundé, a dévoilé, le 28 novembre dernier, un rapport détaillé y relatif.

Ces résultats d’études approfondies, ont été exécutés dans le cadre du projet Open Timber Portal (OTP) et Observatoire Indépendant (OI), que le CED a révélé le verdict dudit travail de recherche en zones forestières.

À cet effet, cette ONG de protection environnementale a présenté à la presse les résultats de ses longues recherches lors d’une rencontre baptisée CAFÉ-SCIENCE.

Une occasion durant laquelle plusieurs zones d’ombres liées aux activités d’exploitation forestière illégale dans le bassin du Congo ont été révélés.

Soulignons que ledit projet visait l’amélioration destinée à la gouvernance forestière, axée sur l’OTP et l’OI.  Un portail ouvert qui a permis de fournir un certain nombre d’informations sur l’activité de l’exploitation forestière au Cameroun.

Notons que ce projet est mis en œuvre à travers certaines ONG bien établies de la place notamment, le CED, FLAG et le FODER, chacune disposant son axe d’intervention clairement défini. Ces trois ONG, ont produit des données permettant d’améliorer la légalité du secteur forestier ainsi que de sa gouvernance.

Lors de son exposé à la presse, Achille Wankeu, le Chargé de projet à l’ONG CED, a livré quelques détails sur le procédé ayant abouti aux résultats enregistrés par cette ONG :  » le CED travaille sur les itinéraires de bois. Ce qui signifie en terme clair que nous effectuons des observations de suivi de bois, de la zone d’exploitation jusqu’à celle d’évacuation. »

Ceci  permet, a-t-il poursuivi, d’observer les zones les plus actifs d’illégalité et de renseigner sur l’origine du bois qui souvent est exporté vers les pays étrangers.

Il faut également relever que ce projet a permis d’intégrer une nouvelle méthodologie qui est basé sur l’observation par les radars susceptible de faire des observations sur les pertes du couvert végétal, même étant au bureau. Ce qui constitue une véritable révolution innovante.

À travers cette rencontre avec les médias, le CED a en outre renseigné sur des réseaux  des coupes  hors limite, ainsi que des abattages illégaux : « Nous essayons de renseigner à la mesure de nos possibilités sur un réseau quand nous sommes convaincus qu’il y a un réseau bien organisé. Je tiens à rappeler qu’un  réseau en terme, de perte s’évalue  en terme de plusieurs millions de Francs CFA. En ce moment, nous essayons de fournir l’ensemble d’informations nécessaires qui permet non seulement d’avoir l’identité des trafiquants, et aussi qui permet de mener des actions fortes dans le but de réduire cette illégalité. Nous l’avons observer dans la Boumba et Ngoko dans l’Est du pays », selon le Chargé de projet au CED.

L’autre innovation importante, c’est la mise à la disposition de ces informations au grand public, avec une bonne marge de prudence, laquelle contraint de conserver certaines  données sensibles qui ne peuvent être partagées et mises à la disposition de tout le monde.

Toutefois, l’essentiel des rapports est publié une fois que le rapport est validé. Ces informations sont également présentées à travers les ateliers de collaboration avec les administrations.

En terme global, l’échange entre la presse  et Achille Wankeu, a permis de noter l’existence de nouvelles filières observées sur le terrain par les agents du CED à la lumière du cas de l’exploitation par voie fluviale, des termes qui n’étaient pas souvent abordés par le passé. 

Il y a en plus la voie ferrée où le bois part de l’Est du Cameroun précisément à Belabo qui se retrouve au Nord Cameroun et même parfois à l’étranger. Un phénomène qui illustre à suffisance que l’illégalité ne se limite pas qu’aux Camions mais aussi à d’autres types de transports.

Ce projet a donc permis de rendre visible ce nouveau mode opératoire observé au Département de la Boumba et Ngoko dans l’Est du pays

Dans ce projet, retenons en définitive qu’il y a un ensemble de données qui sont aujourd’hui disponibles, accessibles et exploitables à la fois par les administrations et les journalistes.

Un autre but de cette rencontre était de mettre à la disposition des professionnels des médias un certain nombre de données. C’était aussi l’occasion de montrer que l’exploitation forestière fait perdre énormément à l’État en terme financier chiffré en millions de dollars.

C’est le cas par exemple dans le Département du Mbam et Kim, région du Centre, qui autre fois était une zone enclavée avec un accès difficile. Mais à ce jour, avec l’ouverture de l’axe Yaoundé-Yoko, il est devenu zone d’exploitation illégale très forte, sans oublier la zone de Messamena  dans la partie orientale.

 « Nous observons que c’est une zone assez vaste et très sollicitée, aussi fortement dans l’exploitation illégale avec de nombreuses routes de contournement. Voilà à peu près ce qu’on peut estimer comme résultat du travail du projet », a ajouté Achille Wankeu, qui en concluant son exposé, a tenu à remercier sincèrement quelques autorités, entre autres, le Sous-préfet, le Délégué régional et le Délégué départemental du Ministère des Forêts  pour leur disponibilité à collaborer, minimisant  les  grosses enveloppes qui lorgnent autour de ces autorités qui fort heureusement n’ont pas cédé à toutes ces offres, privilégiant uniquement l’intérêt collectif pour l’aboutissement du travail efficace des agents du CED.

Rappelons que l’exploitation forestière illégale est combattue par les ONG en synergie avec les chefs traditionnels qui jouent un rôle incontournable.

Sa Majesté Bruno Mvondo, Président national du Réseau des Chefs traditionnels d’Afrique pour la gestion durable de la biodiversité et des écosystèmes de forêts (RECTRAD),  offre les solutions alternatives.

 » La protection de la faune et de la flore est un enjeu majeur pour le Cameroun et ses voisins, et il est essentiel de trouver des solutions qui prennent en compte les besoins des communautés locales. Je pense qu’il faudra créer des solutions économiques alternatives, pour les communautés qui vivent autour des ressources naturelles, pour réduire la pression sur ces ressources. Il est aussi important de soutenir les initiatives de développement local et de promouvoir des activités économiques durables qui bénéficient aux communautés. Encourager la coopération transfrontalière pour lutter efficacement contre les trafics illégaux.  J’invite donc les pays de la sous-région à travailler ensemble pour partager des informations, coordonner leurs efforts et renforcer leurs capacités de contrôle et de répression », a-t-il précisé.

Sur l’aspect financier, l’expert financier Georges Foaleng Directeur général de l’entreprise Frontières, spécialiste de modélisation des pénalités forestières, a entretenu les hommes et femmes des médias sur  » la Modélisation crédible et dissuasive des pénalités forestières au Cameroun.

 » Nous mettons les facteurs économiques, financiers et juridiques pour créer un modèle informatisé capable de pénaliser les contrevenants à l’exploitation forestière. Cet apport  va  très prochainement se matérialiser par la mise sur pied d’un  progiciel qui servira de simulateur pour améliorer les procédures de sanctions, recourir aux données réelles, identifier quel est le manque à gagner au sein des communautés ».

Ce qui montre à suffisance que les répressions prévues sont  souvent inférieures  par rapport aux bénéfices qu’engrangent les trafiquants de bois.

François Essomba à Yaoundé.

 

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