L’Agence des Normes et de la Qualité du Cameroun (ANOR) a lancé, recemment, les travaux du Sous-Comité Technique (SCT) N°02.4 à l’hôtel Jouvence International de Yaoundé. L’objectif de cette rencontre était d’élaborer, d’adapter et de réviser les normes camerounaises relatives au ciment et à ses produits dérivés.
Cette rencontre de haute importance a réuni plusieurs experts issus de diverses institutions étatiques, ainsi que des membres de la société civile et des défenseurs des droits des consommateurs. Ces assises du sous-comité technique de haut niveau étaient placées sous la présidence de Guy Fah Anoh, Directeur du contrôle et de l’assurance qualité à la société Dangote Cement Cameroon, et la coordination était assurée par Jean Marie Vianney Mbollo, Normalisateur, expert qualité àL’ANOR, et Membre participant des comités techniques.
Les points clés de ces assises ont gravité autour de l’arrivée d’un nouveau ciment de type LC3 fabriqué à partir de matériaux locaux, notamment, l’argile, calcaire. Une marque de la société Turque CIM POR.
Ce nouveau label de construction, apporte une proximité substantielle basée sur les produits locaux dans un univers technologique hautement compétitif. Selon les experts, ce nouveau produit présente des avantages économiques d’import substitution, moins d’importations de clinker, et va certainement susciter la création des centaines d’emplois directs et indirects, et dans le même temps va favoriser la transformation des matériaux locaux avec des innovations technologiques.
Grandes lignes de la rencontre, évaluations sur les normes à respecter…

Réagissant au terme de la rencontre, Guy Fah Anoh, Directeur du contrôle et de l’Assurance qualité à la société de cimenterie Dangote Cement Cameroon, a énuméré les grandes lignes de cette réunion en mettant un accent particulier sur les évaluations faites sur les normes à respecter par le nouveau ciment CIM POR dont l’arrivée sur le marché local est imminente :
» L’objectif principal de la réunion d’aujourd’hui, était d’évaluer l’état des normes, les modifications apportées, et d’analyser un projet concurrent afin d’en déterminer la faisabilité et l’éventuelle intégration au marché du ciment. Aussi, d’autres points clés abordés étaient l’évaluation du ciment type LC3, un produit durable à faibles émissions de CO2, l’adoption de normes ainsi que des processus de standardisation afin d’éviter les défaillances du marché, la prise en compte des problématiques liées au poids, aux matières premières et autres éléments pour garantir la viabilité du produit. »
Et de poursuivre : » Je dois aussi préciser que le comité technique perçoit un potentiel dans le projet LC3 et souhaite explorer les opportunités de marché tout en assurant la standardisation des processus. Une autre assise pourrait éventuellement avoir lieu les mois à venir, à l’issue desquels tout va se déterminer. »

De son côté Jean Marie Vianney Mbollo, Normalisateur, expert des normes et qualité de l’Anor s’est exprimé en ces termes : » L’objectif principal de la réunion était d’évaluer l’état de nos normes, d’examiner les modifications apportées et d’analyser un projet concurrent afin d’en évaluer l’adéquation au marché du ciment. Nous avons abordé l’adoption de normes, la standardisation des processus pour éviter les erreurs et discuté de points spécifiques. »
» Il faut dire ici que nous sommes là dans l’innovation et nous avons validé l’arrivée d’un nouveau ciment le LC3 qui est fabriqué à base des matériaux locaux, il s’agit ici de l’argile qui sera élargie au calcaire. Sur le plan économique nous sommes là dans l’import-substitution. Il est donc important de retenir que la quantité d’importation de clinker va diminuer. Deuxièmement, l’argile sera puisée dans les villages, ce qui va créer des emplois directs et indirects. Troisièmement, nous transformons les matériaux locaux, et quatrièmement nous faisons de l’innovation technologique », a fait savoir Vianney Mbollo.
Donc sur tous les plans, a-t-il ajouté, le Cameroun sera gagnant par rapport à ce nouveau produit qui de par ses économies pourront faire baisser les coûts de production du ciment sur le marché local.
Jean Marie Vianney Mbollo, a par ailleurs rassuré s’agissant de la qualité, qui d’après lui, ne va pas se poser : » Étant donné que le fabriquant CIM POR dispose d’un laboratoire hyper performant et son ingénieur nous a donné toutes les assurances sur sa qualité d’autant plus que cette société opère déjà en côte d’ivoire, au Ghana et au Kenya, à cet effet la mipromalo a d’ailleurs introduit une demande pour un autre type de ciment également Kenyan LC3 à base de pouzzolane. Pour me résumer, je dirais que le Cameroun est gagnant sur tous les plans avec ce nouveau produit qui devrait booster l’économie locale et améliorer la compétitivité du secteur du bâtiment dans le pays. Donc nous sommes globalement satisfaits des résultats des travaux. «
Intervention de l’ingénieur Ali Hayatu du CIM POR

Présentant pour sa part le label CIM POR, via PowerPoint par vidéo projection, Ali Hayatu, ingénieur de la société CIM POR, a précisé que cette société actuellement en cours d’installation au Cameroun, a décidé de produire et de commercialiser des produits de 40 kg au lieu des 50 kg habituellement vendu sur le marché local.
Cette décision vise à faciliter et à réduire les coûts de chargement et de transport, et à renforcer la compétitivité sur les marchés hors d’Abidjan. Cette mesure favorisera l’inclusion sociale. Et d’ajouter que le ciment de type LC3, est un ciment qui offre une résistance comparable et une durabilité accrue par rapport au ciment traditionnel.
Pendant l’exposé du représentant de la société CIM POR, Ali Hayatu, a informé les membres du SCT que : » le LC3, est un « ciment Vert » qui réduit les émissions de CO2 jusqu’à 200 kg par tonne et diminue l’empreinte carbone de la construction. Le LC3 vise ainsi à obtenir une meilleure durabilité, de valoriser les matériaux locaux, de réduire notre dépendance clinker importé et améliorer l’équilibre de la balance commerciale au Cameroun. «
L’ANOR valide l’arrivée du CIM POR

Au terme des travaux, L’ANOR a validé l’arrivée du CIM POR, le nouveau ciment LC3 fabriqué à base de matériaux locaux, notamment l’argile et le calcaire. En plus, il est à noter que la qualité du ciment de la société CIM POR dispose d’un laboratoire performant et a déjà opéré avec succès en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Kenya.
Ainsi, la société CIM POR a installé ses bases à Kribi au Sud Cameroun. Celle-ci dispose d’une capacité de production annuelle de 1,2 million de tonnes de ciment, ce qui en fait la sixième cimenterie du pays. C’est un investissement d’environ 100 millions d’euros, soit 64 milliards de FCFA.
CIM POR, c’est également 300 opportunités d’emplois directs et 1000 emplois indirects. Cette société fait usage des matières premières locale de 40% d’argile, réduisant ainsi l’importation de clinker de 40 à 50%.
Rappelons que L’ANOR est un établissement public administratif camerounais créé par décret présidentiel le 17 septembre 2009. Elle est chargée de contribuer à l’élaboration et à la mise en œuvre de la politique du gouvernement dans le domaine de la normalisation et de la qualité au Cameroun.
Cette structure étatique est dirigée avec doigté par Chantal Andely, née Ndomo Ndongo, qui en est la Directrice générale depuis juillet 2024. En définitive, l’ANOR joue un rôle capital dans le développement économique du Cameroun, en veillant à ce que les produits et services respectent des standards de qualité appropriés.
François ESSOMBA à Yaoundé




