Yaoundé, capitale du Cameroun, va abriter du 8 au 9 Avril 2026, le premier symposium national et Table ronde d’action sur les Maladies non transmissibles (MNT) au Cameroun, sous la houlette de la Reconciliation and Development Association (RADA), une Ong qui milite pour stopper les maladies chroniques sur toute l’étendue du territoire camerounais.
Initialement prévue du 18 au 19 mars dernier, cet événement majeur et hautement important pour la santé des camerounais, sera placé sous le haut patronage du Dr Joseph Dion Nguté, Premier ministre, Chef du gouvernement.
L’objectif de cette conférence est d’accélérer l’action politique nationale sur la prévention des maladies non transmissibles liées à l’alimentation au Cameroun, grâce à un dialogue multisectoriel de haut niveau, à la diffusion de preuves et à la co-création de recommandations applicables d’ici 2026 et au-delà.
Une initiative ambitieuse portée par RADA, une organisation non gouvernementale basée à Bamenda, dans la région Anglophone du Nord-Ouest Cameroun. Fondée en 2009 et officiellement reconnue en 2017, RADA bénéficie du dynamisme incontestable du Dr Ferdinant M. Sonyuy, Executive director de ladite Association. Cette organisation œuvre également dans le développement et la consolidation de la paix.
Pour mieux comprendre l’importance de ce symposium lié aux maladies non transmissibles, femmedafrique.net est allée à la rencontre de Chenwi Claris Nchangnwi, Gestionnaire de programme d’alimentation saine du Cameroun au sein de l’ong RADA, qui dévoile dans un entretien exclusif les grandes articulations de ce grand évènement ainsi que l’essentiel du parcours de RADA dans sa pétition pour une nutrition saine au Cameroun.
femmedafrique.net : RADA a commencé la lutte contre les Maladies non transmissibles il y a longtemps. Pouvez-vous nous dire ce qui a été accompli jusqu’à présent en termes de changement des habitudes des citoyens Camerounais?

Chenwi Claris Nchangnwi : Lorsque RADA a commencé cette action en 2021, l’objectif était simple mais ambitieux : aider les Camerounais à vivre le plus longtemps possible et avoir une meilleure santé. Les maladies non transmissibles tuaient silencieusement des vies à travers le pays, et nous savions que des changements significatifs nécessiteraient plus que de bonnes intentions. Cela nécessiterait les bonnes politiques, les bonnes conversations et surtout, les bonnes personnes pour porter le message aux dirigeants et à la population.
C’est pourquoi nous avons travaillé sans relâche pour plaider en faveur des politiques qui rendent les choix sains plus faciles pour les Camerounais ordinaires, en commençant par les étiquettes d’avertissement sur les emballages alimentaires, les restrictions sur la commercialisation agressive de produits malsains, les taxes sur les boissons sucrées et les aliments ultra-transformés, et l’éducation de la population sur les impacts négatifs des régimes alimentaires malsains et la nécessité de soutenir ces politiques.
Nos efforts politiques ne sont pas seulement des mesures officielles. Ce sont des outils d’intervention de santé qui ont fonctionné dans des pays du monde entier pour protéger les gens ordinaires des produits qui nuisent à leur santé de manière silencieuse.
Grâce à une équipe de plus de 30 éducateurs de santé formés, nous avons eu de vraies conversations avec de vraies personnes, en partageant des conseils pratiques et quotidiens sur la manière de manger mieux et de vivre plus sainement, de manière à ce qu’il puisse avoir du sens pour les vies camerounaises.
Jusqu’à présent, ces conversations ont atteint plus de 10 millions de personnes, à la fois physique et en ligne. La réception a été encourageante. Les gens écoutent. Les gens changent. Les communautés commencent à se voir comme partie de la solution.
Il y a encore un long chemin à parcourir, mais chaque personne atteinte, chaque habitude changée et chaque politique avancée nous rapproche un peu plus du Cameroun que nous travaillons à construire, une nation où la bonne santé n’est pas un privilège, mais un mode de vie et un droit.
femmedafrique.net : Avez-vous l’impression que votre message est entendu par la cible ?

CCN : Le message est certainement entendu, et c’est encourageant. Lorsque vous voyez des communautés s’engager, poser des questions et commencer à faire des choix plus conscients sur ce qu’elles mangent et comment elles vivent, vous savez que le travail agit.
Mais la sensibilisation n’est que la moitié de la bataille. Le plaidoyer n’est pas complet tant que les politiques que nous poussons ne passent pas de la recommandation à la réalité. C’est pourquoi, parallèlement à notre sensibilisation communautaire, nous sommes également intentionnels dans notre engagement auprès des parties prenantes gouvernementales, car sans le bon cadre politique, nous construisons sur du sable et vice versa.
Les politiques telles que les étiquettes d’avertissement sur les emballages, les restrictions sur la commercialisation et les taxes sur les produits malsains sont les garde-fous structurels qui protègent les gens à grande échelle.
Nous voulons donc amplifier le message. C’est l’une des principales raisons de cette conférence. Pour discuter davantage de ces politiques avec les principales parties prenantes, en veillant à ce qu’elles prennent des engagements pour adopter ces politiques.
femmedafrique.net : Et qu’est-ce que les participants peuvent attendre de ce premier Symposium prévu le mois prochain ?

CCN : Les participants pourront bénéficier de :
-L’accès à des connaissances de pointe de la part d’experts et de chercheurs sur les dernières preuves scientifiques sur la nutrition et les Maladies non transmissibles (MNT) au Cameroun ;
– Des informations sur les recommandations politiques de haut niveau en cours d’élaboration et présentées aux institutions gouvernementales clés, y compris le Ministère de la Santé publique et d’autres ministères stratégiques, pour lutter contre les MNT ;
– Des opportunités de collaboration multisectorielle visant à renforcer la coordination entre les différents secteurs pour des stratégies plus efficaces de prévention de la nutrition et des MNT ;
– Une visibilité et un engagement politique accrus grâce aux efforts visant à élever l’attention nationale et à renforcer l’engagement gouvernemental pour atteindre les objectifs de développement durable (ODD) et les déclarations de la Réunion de haut niveau (RHL) 2025 des Nations Unies ;
– Une sensibilisation et un engagement accrus dans les initiatives qui promeuvent une plus grande sensibilisation parmi les communautés, les médias et les parties prenantes sur la prévention de la nutrition et des MNT.
Entretien réalisé à Yaoundé par François Essomba




