L’accès à l’information sur la santé sexuelle et reproductive s’est retrouvé au centre d’une campagne de sensibilisation organisée ce mercredi 19 août, dans la commune de Ndesha, à Kananga, au Kasaï Central, portée par l’ONG Dynamique Actions pour la Défense des Droits des Femmes, Filles et Enfants (DADDFFE), en partenariat avec plusieurs structures de jeunes de la société civile locale.
Les professionnelles du sexe ont été au cœur de cette session éducative consacrée notamment à la planification familiale, à l’utilisation correcte des méthodes contraceptives, à la prévention du VIH/SIDA et aux infections sexuellement transmissibles (IST).
Cette activité s’inscrivait dans le cadre du Projet de renforcement de l’accès aux droits en matière de santé sexuelle et reproductive, exécuté par l’ONG DADDFFE sur fonds propres.
Pour la Coordonnatrice de la DADDFFE, Adrienne Bombesha, le choix de sensibiliser les professionnelles du sexe répond à un besoin particulier de prévention.
En expliquant que cette catégorie de la population est régulièrement exposée aux rapports sexuels multiples et peut, dans certaines circonstances, être davantage confrontée aux risques de grossesses non désirées, de VIH et d’autres IST.
D’où, selon elle, la nécessité de privilégier l’information, l’accès aux services de santé et l’accompagnement plutôt que la stigmatisation.

Planification familiale : plusieurs méthodes, plusieurs possibilités
Facilitatrice de la séance, Dr Odette Mukundi, Médecin-cheffe de service à l’Hôpital général de référence de Ndesha, a axé son intervention sur la planification familiale, la prévention du VIH/SIDA et des maladies sexuellement transmissibles.
L’objectif était notamment d’aider les participantes à mieux connaître les différentes méthodes contraceptives et à comprendre que le choix d’une méthode dépend de plusieurs facteurs : l’état de santé, les préférences personnelles, le désir d’avoir ou non des enfants, la fréquence des rapports sexuels et les conseils d’un professionnel de santé.
Selon les recommandations de l’OMS, les principales méthodes modernes comprennent, entre autres, les préservatifs, les pilules contraceptives, les injections, les implants, les dispositifs intra-utérins (DIU), les méthodes hormonales comme l’anneau ou le patch, ainsi que la stérilisation volontaire.
Le préservatif : une double protection
» Une attention particulière doit être accordée au préservatif. Contrairement aux autres méthodes contraceptives, il constitue à la fois une méthode de prévention des grossesses et une protection contre le VIH et la plupart des IST lorsqu’il est utilisé correctement et systématiquement. Il existe notamment le préservatif externe, porté sur le pénis, et le préservatif interne, placé dans le vagin. Ils doivent être utilisés à chaque rapport sexuel, du début à la fin de l’acte sexuel », a fait savoir Dr Odette Mukundi.
Elle a en plus souligné que les lubrifiants à base d’eau ou de silicone peuvent réduire le risque de rupture du préservatif. Certains produits huileux, en revanche, peuvent fragiliser les préservatifs en latex.
Notons que pour les professionnelles du sexe, le préservatif constitue donc un outil essentiel de prévention, mais il doit être associé à d’autres services de santé à l’image du dépistage régulier du VIH et des IST.

Les pilules contraceptives
La pilule contraceptive constitue une autre possibilité de prévention des grossesses non désirées. Certaines pilules associent œstrogène et progestatif, tandis que d’autres contiennent uniquement un progestatif.
Elle doit être prise régulièrement, selon les indications du professionnel de santé. Son efficacité dépend de la régularité de la prise. Elle ne protège cependant pas contre le VIH ni contre les autres IST, surtout que certaines IST peuvent entraîner malheureusement des complications comme l’infertilité ou certaines formes de cancer.
Intervenant au nom du RACOJ, Noël Kabamba s’est attardé sur les différentes méthodes contraceptives disponibles.
Il a fait connaître aux participantes que les méthodes ne présentent pas toutes, le même mode d’utilisation, la même durée d’action ni les mêmes avantages. Selon lui, le choix doit être fait sur la base d’une information correcte et, lorsque cela est nécessaire, avec l’accompagnement d’un professionnel de santé.
Noël Kabamba a également abordé la question de l’avortement en faisant référence au Protocole de Maputo, estimant que la question doit être comprise à la lumière des dispositions relatives à la santé et aux droits reproductifs.
Sur ce point, il convient de distinguer le droit international et son application dans le contexte national : les conditions concrètes d’accès à l’avortement sont déterminées par le cadre juridique et sanitaire applicable en République Démocratique du Congo.
Une sensibilisation sans stigmatisation
Pour les organisateurs, l’objectif n’était pas de juger les professionnelles du sexe, mais de leur permettre d’accéder aux informations et aux services indispensables à leur santé.
L’OMS recommande d’ailleurs, pour les professionnelles du sexe, une approche globale comprenant notamment l’accès aux préservatifs et aux lubrifiants, à la PrEP et à la PEP contre le VIH, au dépistage du VIH et des IST, au traitement, à la contraception et aux soins de santé reproductive. Tout en soulignant l’importance de réduire la stigmatisation et la discrimination dans l’accès aux soins.
À l’issue de l’activité, la Coordonnatrice de l’ONG DADDFFE, Adrienne Bombesha, s’est dite satisfaite de la participation massive des professionnelles du sexe à cette séance de sensibilisation.
Elle a réaffirmé la disponibilité de son organisation à accompagner les participantes face aux différents problèmes auxquels elles sont confrontées dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive.
Pour la DADDFFE, cette activité ne constitue qu’une étape dans un processus plus large visant à rapprocher les populations des informations et des services relatifs à leurs droits en matière de santé.
Rappelons que cette campagne de Ndesha intervient après la formation des structures de jeunes de la société civile de Kananga dans le cadre du projet de renforcement de l’accès aux droits en matière de santé sexuelle et reproductive. Le RACOJ/Kasaï Central, la Voix des Jeunes Grand Kasaï et le Collectif Diyi dia Kasaï sont ainsi appelés à poursuivre les actions de proximité auprès des différentes catégories de la population.
À travers ces activités, l’ONG DADDFFE entend contribuer à la réduction des grossesses non désirées, à la prévention du VIH et des IST et à une meilleure connaissance des droits en matière de santé sexuelle et reproductive.




