L’initiative est portée par l’Association synergies des femmes pour l’éducation au développement durable (SYFEDD), créée par Constance Odile Mbatoumou. Ce projet ambitieux vise à structurer la filière aubergine et à donner plus de poids aux productrices rurales.
La banlieue de Yaoundé, précisément Binguela, a accueilli, mi juillet, le lancement officiel du projet » Culture et communication des aubergines locales « , présidée par Appolonie Ngono, Présidente de la Fédération des réseaux des femmes rurales du Cameroun.

Cette cérémonie riche en couleurs était axée sur un programme d’encadrement de trois sites agricoles correspondants aux villages Binguela, Nkol-Ngok et Biyan. Avec pourobjectif principal, structurer la filière de l’aubergine sauvage, très prisée pour ses vertus alimentaires et thérapeutiques. Elle marquait également le début de l’installation des membres d’Antennes de production agricole des localités concernées.
La rencontre a débuté par le mot de bienvenue du Secrétaire général du SYFEDD, Guy Mebenga. Lu au nom de la Présidente fondatrice, empêchée, son allocution a d’emblée planté le décor des défis du monde rural : « Nous sommes une société agraire, confrontée à des défis sociétaux auxquels il est impératif de trouver des réponses appropriées. Notre zone géographique est victime d’une urbanisation galopante qui nous déconcerte », a déclaré Guy Mebenga.

Selon lui, le manque d’outils d’intervention adaptés empêche les femmes rurales d’identifier leurs besoins, de les exprimer et d’y apporter des solutions durables. « L’avancée de la ville met en péril l’économie rurale, exacerbe la pauvreté, menace la sécurité alimentaire et ouvre la voie à des maux qui nuisent aux populations », a-t-il martelé.
Face à ce constat, le SYFEDD a choisi d’agir concrètement. Le projet va encadrer les femmes rurales sur trois sites précisément identifiés : Nkol-Ngok à Ekoumadzap, Biyan et Binguela. Au total, ce sont cinq hectares qui seront mis en valeur.
Rappelons que la culture ciblée n’est pas anodine. L’aubergine sauvage, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, est un légume, très prisé au Cameroun et reconnu pour ses qualités nutritionnelles et ses vertus thérapeutiques.

Ainsi, pour lancer la dynamique recherchée, les participants ont bénéficié de la formation et échangé avec des experts en agriculture dans le but de partager les bonnes pratiques culturales, les techniques de transformation et les débouchés commerciaux.
Les débats étaient riches en rebondissement. À cet effet, Appolonie Ngono a tenu à lever des équivoques d’entrée de jeu. Elle a rappelé les bienfondés de cette initiative, notamment, structurer, professionnaliser et donner de la valeur au travail des femmes des champs : «Il s’agit de transformer un savoir-faire ancestral en une véritable filière économique structurée»

L’autre point saillant de la journée, était l’intervention de Clery Tsala, Ingénieur agronome de l’Université israélienne qui a particulièrement marqué les esprits. Il a tenu à « décomplexer et rassurer » les cultivateurs : « Vous menez une activité noble. C’est vous qui nourrissez toutes les populations du monde. Vous devez en être fiers », a-t-il déclaré, sous les applaudissements de l’assistance.
Clery Tsala a par la suite inculqué quelques embryons qui gravitent autour de 4 S qui correspondent à : Semence (le choix de la semence) ; Sol (le choix du site et la gestion du sol) ; Semis (la densité à l’hectare) ; Suivi (la maintenance à travers le respect de l’itinéraire technique).

Le clou de l’événement de cette journée fort enrichissante était la descente sur le site de Biyan l’un des trois sites concernés par le projet. C’était l’occasion idoine pour l’ingénieur Clery Tsala et la Présidente Apppolonie Ngono, de mettre en pratique les enseignements théoriques livrés en salle lors des débats.
À travers ce projet, Constance Odile Mbatoumou, Présidente du SYFEDD, entend apporter des réponses concrètes à la précarité en milieu rural. En valorisant une plante locale à forte demande, le syndicat mise sur l’autonomisation économique des femmes et le renforcement de la sécurité alimentaire.
La balle est désormais dans le camp des bénéficiaires de Binguela, Nkol-Ngok et Biyan, appelées à devenir les pionnières d’une filière qui pourrait bien faire école dans tout le pays
François Essomba à Yaoundé




