“ Briser le silence ” : c’est autour de ce message que l’ONG Dynamique actions pour la défense des droits des femmes, des filles et des enfants (DADDFFE) et le Conseil régional des ONGs de développement (CRONGD) – Kasaï-Central, ont mobilisé ce mercredi 22 juillet, les femmes et jeunes filles les plus vulnérables de Kananga.
Une séance de sensibilisation qui a réuni les femmes vivant avec handicap et albinisme, les jeunes filles mères autour du thème : “ Connaître ses droits en matière de santé sexuelle et reproductive et dénoncer les violences basées sur le genre (VBG). ” Elle s’est tenue en présence du Chef de bureau de la Division provinciale du Genre, famille et enfant du Kasaï-Central et de la Présidente de l’Association des filles mères (AFIMA).
Il y a lieu de souligner que l’activité a été organisée dans le cadre du Projet de » renforcement de l’accès aux droits en matière de santé sexuelle et reproductive ” porté par la DADDFFE avec l’appui du CRONGD, ayant pour objectif : outiller ces catégories souvent marginalisées sur leurs droits, les risques auxquels elles sont exposées, et les voies de recours en cas d’abus.

Marie Kitenge, Chargée des Programmes et plaidoyers au CRONGD – Kasaï-Central et récemment formée par la DADDFFE, a conduit l’essentiel de la sensibilisation. Elle est revenue en détail sur les différents types de violences sexuelles et celles basées sur le genre, entre autres, viols, harcèlement, mariages forcés, exploitation, mais aussi violences psychologiques et stigmatisation.
S’adressant directement aux participantes, Marie Kitenge a lancé :
“ Mes sœurs, vous avez les mêmes droits que toutes les autres femmes. Vous ne devez plus vous sous-estimer à cause de votre handicap, de votre statut de fille mère ou de votre albinisme. La stigmatisation tue plus que la violence elle-même. Il est temps de briser le silence. Si on vous touche, si on vous insulte, si on vous refuse des soins à cause de ce vous êtes, parlez. Dénoncez auprès des autorités, auprès des associations, auprès de vos familles. Le silence protège l’agresseur, pas la victime.”

En expliquant également les mécanismes de dénonciation existants au niveau provincial et communautaire. Et d’inviter dans le même temps les femmes à se soutenir entre elles.
» La santé sexuelle est un droit, pas un tabou « , a fait savoir Adrienne Bombesha, Coordonnatrice de l’ONG DADDFFE, dans son intervention axée sur les droits en matière de santé sexuelle et reproductive (SSR).
Pour elle, l’ignorance et la honte sont les premiers ennemis : “ L’accès aux informations de santé sexuelle et reproductive est un droit fondamental. Ce n’est pas un privilège, ce n’est pas un tabou. Chaque femme, chaque fille, avec ou sans handicap, a le droit de savoir comment son corps fonctionne, comment se protéger contre les IST, les grossesses non désirées et les violences.”

Poursuivant son intervention, la Coordonnatrice Adrienne Bombesha a mis un accent particulier sur la gestion de l’hygiène menstruelle : “Aujourd’hui encore, beaucoup de nos filles vivant avec handicap ratent l’école ou restent isolées pendant leurs règles, faute d’informations et de moyens. Gérer ses menstruations dans la dignité, c’est aussi protéger sa santé et son droit à l’éducation. Nous devons en parler ouvertement pour que plus aucune fille ne souffre en silence.”
À l’en croire, le manque d’accès à ces informations expose davantage les femmes handicapées aux abus et aux infections.

Retenons que la présence du Chef de bureau de la Division provinciale du Genre et de la Présidente de l’AFIMA a été vue par les organisatrices de l’activité comme un signe d’engagement des institutions.
À l’issue de la séance, des supports d’information ont été remis aux participantes, appelées à devenir des ambassadrices de la dénonciation dans leurs quartiers.
La DADDFFE et le CRONGD ont promis de décentraliser cette campagne dans les autres communes de la ville de Kananga dans les semaines à venir.
Jean Claude Ngalamulume Bakamubia




