Politique

RDC: Des partis politiques appelés à soumettre des listes électorales qui respectent la parité.

La République Démocratique du Congo vit actuellement son 4e cycle électoral. Il
s’agit du cycle qui va contenir les premières élections organisées après la
première alternance obtenue entre un président sortant et un président entrant.
Partant de ce fait, ces scrutins revêtent donc un caractère particulier. Un certain
nombre de défis attend également d’être relevé lors de ce quatrième cycle. Des
défis parmi lesquels la mise en application de l’égalité homme-femme notamment
ou encore de la représentativité massive de la femme lors des scrutins à venir
tant comme candidates que comme électrices.

Pour y arriver, le parlement de la République Démocratique du Congo a adopté dans la
nouvelle loi électorale, certains ajouts jugés cruciaux par plusieurs pour augmenter le
taux de participation effectif des femmes dans le processus électoral. A l’article 13 de
cette nouvelle loi électorale, le législateur congolais exempte de toute caution le
regroupement ou parti politique qui présentera une liste électorale avec un nombre des
femmes candidates supérieur ou égal à celui des hommes.
Selon une étude publiée en 2022 par le PNUD (le Programme des Nations Unies pour
le Développement), les femmes au niveau mondial, n’occupent que 10 pourcents des
postes à responsabilité au sein des partis politiques, alors qu’elles constituent entre 40

et 50 pourcents du total des adhérents.
Si l’ajout de la dimension genre dans la loi électorale de la RDC calme les ardeurs des
femmes et hommes genrés qui dénonçait jadis, bec et ongle, les inégalités de la loi
électorale ; certaines femmes restent encore sceptiques quant à la capacité de cette
nouvelle loi à contraindre les responsables des partis politiques à miser sur les hommes
et les femmes à valeurs égales. Ceci du fait que payer les cautions pour les candidats
alignés n’est vraiment pas un problème suite à la force financière de ces partis
politiques. Certaines femmes et hommes rencontrés dans leurs formations politiques
comme dans la société civile nous dévoilent les défis que les femmes et les jeunes filles
doivent relever au sein des partis politiques pour voir leurs noms être inscrits sur la liste
électorale.


Qu’est-ce qu’il faut pour promouvoir les femmes?

Gertrude Malande, 2e vice-présidente du parti politique Mouvement Chrétien pour la
Solidarité et le Développement confie pour sa part, que la problématique de

l’alignement des femmes sur les listes électorales par son parti ne pose aucun
problème. Sa crainte réside cependant au niveau du profil des femmes à aligner.  » Les
femmes sont elles même des obstacles du fait qu’elles refusent de s’engager comme
candidates. Ceci à cause des stéréotypes et d’autres ont peur des harcèlements
sexuels », dixit Gertrude Malande.
Même son de cloche pour la présidente de la ligue des femmes du parti politique Envol,
Viviane Makoma.
Pour elle, de moins en moins de femmes se présentent et participent comme
candidates. Une situation qui selon elle risque d’accentuer la non représentativité des
femmes aux élections.
Si les femmes, même celles rodées en politique, ont du mal à ne fusse que se faire
aligner sur les listes électorales et plus loin à se faire élire pour être retenues comme
candidates, il est facile d’imaginer la montagne de difficultés qui attendent les filles
ambitieuses. Celles-ci, en plus de faire face à tous les freins que connaissent les
femmes, elles ont la lourde charge de se faire connaître par les électeurs et électrices
et, bien avant, convaincre en interne les responsables de leurs partis politiques pour
être alignées comme candidates.
Il en va notamment de la capacité de ces filles candidates ambitieuses à surmonter tous

les stéréotypes qui font de la politique une chasse gardée des hommes, puis par des
actions, la capacité de mobilisation et de plaidoyer à prouver que le parti n’a pas tort de
compter sur elles; le résultat étant impératif en politique et en particulier aux élections.
Cadre de l’alliance des forces démocratiques du Congo, AFDC en sigle, un parti
politique faisant partie de la majorité au pouvoir en République Démocratique du
Congo, Moïse Mushiga soutient quant à lui que les femmes jouent un rôle avant-
gardiste dans la consolidation des partis politiques en République Démocratique du
Congo. La force d’un parti politique reposant, bien souvent, sur sa capacité à mobiliser
et surtout à faire passer les informations auprès de ses militants et surtout militantes,
Moïse Mushiga parlant de son parti politique comme modèle pour la promotion des
femmes dans son parti. Il insiste également sur la sensibilisation et la formation des
femmes dans les partis politiques comme défis majeurs pour la ramener au même
niveau sur les questions politiques comme leurs collègues hommes en vue de palier au
problème de profil des femmes qui se vit au sein des plusieurs formations politiques ;il
sied que la femme qui s’engage en politique doit avoir une vision politique et doit
développer les atouts nécessaires sur la gestion dans les partis politiques.

Pour celles qui veulent être candidates ;il serait impérieux pour ces femmes et filles
ambitieuses d’avoir en amont un projet de société calibré ,et connaître les missions
assignées dans leurs partis politiques.

Mesure incitative: comment booster la participation féminine?

Maître Marie Lukusa du Forum des Femmes Engagées et Citoyennes pour la
gouvernance, la démocratie et le Développement FOFECEGDD en sigle.
“Que ce soit la loi électorale ou la loi sur la parité, aucune de ces deux n’est
contraignante pour pousser au respect de la parité. Les mesures contenues à l’article
13 de la loi électorale sont plutôt incitatives si et seulement si les partis politiques
acceptent de bien jouer leur part”, affirme-t-elle.

“Notre structure va accompagner les femmes politiques, candidates aux futures
élections. C’est pour accroître le nombre de femmes élues lors des scrutins ainsi que la
participation politique des femmes. Pour y arriver, nous avons un plan regroupé en 4
axes dont le monitoring, la sensibilisation, le renforcement des capacités et le
plaidoyer”, explique-t-elle.
“ D’ici peu, nous allons mettre à la disposition des femmes candidates un guide pour les
aider à maximiser les chances aux élections » , relève-t-elle.
Au sein des partis politiques, les femmes actrices se montrent plutôt rassurantes quant
à la politique genre qu’elles rencontrent. poids politique, renchérit ce cadre de l’AFDC.
A qui revient la responsabilité de la participation des femmes?
La CENI est l’organe technique de l’organisation des élections en République
Démocratique du Congo. Après chaque cycle électoral, un rapport global comprenant
les forces et faiblesses est élaboré pour permettre des améliorations aux échéances à
venir. Après 3 cycles électoraux organisés en RDC, le directeur de la communication de

la centrale électorale congolaise n’a pas sa langue dans la poche : » la bonne foi des
responsables des partis politiques et le respect des lois de la CENI peuvent promouvoir
la participation accrue des femmes aux élections ».
A la veille de ces quatrièmes élections en RDC, il est impérieux pour les femmes de
profiter du temps qui leur reste et ranger en leur faveur tous les éléments qui leur
permettront non seulement d’être alignées mais d’être élues au terme de ces scrutins et
plus loin, d’être au service du peuple pour mériter pour longtemps sa confiance. Les

femmes et jeunes filles ambitieuses se doivent donc d’avoir une vision politique efficace
pour affirmer leur leadership au sein de leurs partis politiques.
La juriste Lisette Mavungu qui est en même temps l’actuelle présidente de la section
RDC de la ligue internationale de femmes pour la paix et la liberté parle de son
inquiétude manifestée depuis la promulgation de la nouvelle loi électorale qui peut être
un couteau à deux tranchants. Elle l’explique par le fait que d’une part, elle est une
alternative à la matérialisation des listes électorales équitable et d’autre part; c’est une
ouverture pour le chef des partis politiques de ne pouvoir pas mordre à l’hameçon du
non paiement de la caution pour aligner la moitié des femmes. Sa crainte poursuit, est
celle de voir comment les autres chefs des partis politiques vont réagir face à cette
question du non paiement de la caution comme stipule l’article 13 de la nouvelle loi
électorale. Qu’à cela ne tienne, les mesures d’applications sur cette loi donnent la
possibilité à la CENI de contraindre les partis politiques d’ajouter les femmes sur les
listes électorales des candidats aux élections de 2023.
Réagissant également à la question des compétences des femmes dans les partis
politiques ,Maître Lisette Mavungu juge cette question de non fondée. Pour elle ,un bon
mentor doit être en mesure de présenter les femmes de qualité ;les dénicher et les
accompagner en le formant pour accroître le bon profil des femmes dans son parti.
Cette option va résoudre tant soit peu la problématique des femmes compétentes ausein des partis politiques.
Il n’est pas normal, soutient-elle, de voir beaucoup de femmes dans des partis
politiques sans pour autant occuper des postes de décisions dans les formations
politiques. Cela, poursuit-elle, dénote de l’égoïsme masculin qui se voit occuper le
poste de responsabilité.
Cependant, on remarque dans les mêmes partis politiques les hommes incompétents
en train de jouer les rôles majeurs. Leurs compétences reste à désirer, estime-t-elle.
Pour elle, on doit arrêter avec la discrimination dans les partis politiques. C’est pourquoi
elle invite le chef des partis politiques à intégrer la dimension genre dans l’élaboration
des listes électorales a envoyé à la Ceni.
D’où, il faut susciter les femmes compétentes pour le présenter lors des élections
conclu-t-elle.

L'auteur

Christelle Mpongo, Éditrice Général, Fondatrice du Magazine Femme d'Afrique.