Santé

Santé publique : nécessité de modifier l’article 81 relatif à l’accès à la contraception irréversible de la loi numéro 18-035 

 

C’est lors d’une rencontre de haut niveau organisée, ce mardi 6 octobre à Kinshasa que la synergie composée de l’Association des femmes juristes du Congo (AFEJUCO), du Réseau des journalistes pour la santé sexuelle et reproductive (RJSSR) du REMAP 14, de la CGND et  de plusieurs autres organisations de la société civile congolaise (OSC), ont plaidé pour la modification de la loi numéro 18-035 du 18 décembre 2018 fixant les principes fondamentaux relatifs à l’organisation de la santé publique en République Démocratique du Congo.

L’article 81 relatif à l’accès à la contraception irréversible de cette loi-cadre, à en croire, Maître Pélagie Ebeka Mujangi, présidente de L’AFEJUCO qui porte le lead de la synergie de plaidoyer, doit être modifié sans autre forme de procès. 

Ainsi, dans son discours marquant l’ouverture des échanges, Maître Pélagie Ebeka a mis en exergue les difficultés que renferment cette disposition :  » L’article 81 dispose que le choix d’une méthode de contraception irréversible est conditionné par l’obtention préalable de l’avis de trois médecins et d’un psychiatre.  »

 » Si l’intention du législateur de 2018 était de protéger le consentement éclairé  », a-t-elle soutenu, malheureusement, a éclairé Maître Pélagie Ebeka,  » cette disposition crée une barrière quasi infranchissable pour la majorité de congolais, particulièrement, les femmes vivant en milieu rural où ces spécialistes n’existent pas. »

Ajoutant que le fameux article 81 est en porte à faux avec les engagements pris par la République Démocratique du Congo à travers le protocole de Maputo, qui garantissent aux femmes le libre choix des méthodes de contraception par des services adéquats, abordables et à des distances raisonnables. 

Après un bon moment d’échanges, les participants à cet atelier, notamment, les membres de la synergie de plaidoyer, les journalistes, les députés nationaux, les représentants des ministères sectoriels, les leaders d’opinion ou des OSC, les partenaires techniques et financiers, ont opté pour la révision de cette disposition.

À coup sûr, pour favoriser l’évolution de ce cadre légal sur la santé publique en RDC et une meilleure compréhension des enjeux relatifs à la santé sexuelle et reproductive. Autrement dit, les discussion ont permis de ressortir moult préoccupations et recommandations devant servir de base à toutes les étapes de cette modification.

Les participants ont par ailleurs, prévu un cadre de dialogue permanent entre les parlementaires, les OSC, les autorités sanitaires, les partenaires concernés et la synergie de plaidoyer menée par L’AFEJUCO. 

Au terme des échanges, les députés nationaux présents à l’atelier ont exprimé manifestement leur soutien à cette démarche de modifier l’article 81 de  cette loi-cadre et à tous les processus de son examen àtous les niveaux.

Les mots de Jacques Djoli, l’élu de Tshuapa et rapporteur de l’Assemblée nationale, en constituent une preuve de soutien palpable :

’’ Les députés qui sont venus soutenir cette initiative, veulent assurer àla communauté ici présente le soutien de l’Assemblée nationale aux femmes, mais à la vie en fait. Les débats que nous avons ici dans ce cadre avec les femmes, les mères, les chiffres évoqués doivent nous interpeller.’’

Et le Député national Jacques Djoli de poursuivre : ’’ Un sexe qui doit donner la vie doit être protégé. Le droit à la santé, les questions de la santé de la reproduction doivent nous interpeller sur une réalité tragique, notamment la mortalité. Voilà pourquoi il n’est nullement question d’entrer dans des considérations religieuse ou philosophique. Il s’agit tout simplement, et c’est ça l’initiative de notre collègue, celle de résoudre un problème.’’

De son côté, Maître Pélagie Ebeka s’est réjouie de la présence et de l’adhésion collective à cette proposition de modifier la loi numéro 18-035 dans son article 81, surtout des élus nationaux et des représentants des ministères sectoriels. 

Pour elle, les objectifs fixés au niveau de la synergie, étaient alors atteints :  ’’ Vous étiez présents, vous avez vu la dynamique dans la salle, l’adhésion à la cause, c’est – à -dire à la proposition de modification de cette loi.. La majorité dans la salle,  est convaincue qu’il est temps que cette disposition légale change, parce qu’elle freinait l’accès à la contraception irréversible et créait une certaine stigmatisation par rapport aux femmes des milieux urbains, par rapport aux femmes des milieux ruraux et par rapport aux femmes en situation de précarité. »

Il sied de retenir que l’organisation de cette rencontre de haut niveau a marqué une étape importante dans le cadre de la réforme de la loi numéro 18-035 sur la santé publique en République Démocratique du Congo.

Car, modifier cette loi, c’est permettre à toutes les catégories des femmes congolaises de mieux apprehender tous les enjeux liés à la santé sexuelle et reproductive. Une autre manière forte de mettre fin au cycle mortel lié à la grossesse et aux complications de l’accouchement en RDC.

L'auteur

Éditrice Général, Fondatrice du Magazine Femme d'Afrique.

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