À moins d’une semaine de la rentrée scolaire 2026-2027, l’heure est aux préparatifs dans plusieurs familles Kinoises comme à l’accoutumé. Un veritable défi pour de nombreux parents, confrontés dans le même temps à l’achat des fournitures ou au payement des frais scolaires et à la baisse de leurs revenus, aux dépenses mensuelles des loyers et aux difficultés liées au déguerpissement des petits commerces. Une rentrée des classes qui s’annonce particulièrement lourde.
C’est déjà le compte à rebours
Cahiers, tenues de classe, chaussures, sacs à dos, frais scolaires, transport et autres fournitures, les dépenses à effectuer par les parents de la ville province de Kinshasa, sont énormes.
Pour certaines familles disposant de bons revenus et surtout réguliers, les choses sont parfois simples. Mais pour d’autres qui vivent de petits commerces ou d’activités informelles, la situation est plus que préoccupante.
Car, dépendant de revenus quotidiens, en clair maigres, pour nourrir leurs familles et financer la scolarité de leurs enfants. Lorsque les ventes diminuent ou que les activités commerciales sont perturbées suite par exemple au déguerpissement, les conséquences sont fâcheuses.
« Je n’ai encore rien fait » dixit une mère de famille
Lyly Makiese, Vendeuse de vêtements de seconde main, et mère de famille ne cache pas son inquiétude. À quelques jours de la rentrée scolaire, elle n’a encore rien préparer pour ses enfants.
« Je n’ai encore rien fait. Je vends dans des mauvaises conditions. On nous chasse, on nous dit de ne plus vendre dans certaines artères sous prétexte que nous devons avoir des maisons de commerce. Mais ces maisons commerciales, nous allons les avoir avec quel moyen ? »
Pour cette mère Kinoise, le problème ne se limite pas à l’achat des fournitures scolaires.
« La vie dans la famille est déjà difficile. Il faut payer le loyer, nourrir les enfants, les scolariser et continuer à faire le petit commerce. Si je dois encore louer une maison pour exercer mon activité, avec quel argent vais-je faire tout cela ? Avec la friperie, c’est devenu très difficile. »
« On nous chasse, mais on continue à nous faire payer les taxes »
Pour Sandrine, une autre mère de famille, Vendeuse de braises, les difficultés sont également nombreuses.
« On nous chasse des endroits où nous vendons, mais on continue toujours à nous faire payer les taxes. Nous sommes des mamans qui cherchons seulement à travailler pour nourrir nos familles. Si on nous chasse partout, comment allons-nous vivre ? »
À l’approche de la rentrée, son inquiétude est palpable : « Les enfants doivent retourner à l’école. Il faut acheter les cahiers, les uniformes, les chaussures et payer les frais. Mais si nous ne vendons pas, nous allons trouver cet argent où ? »
Sandrine souhaite à cet effet que les autorités prennent davantage en considération la situation des petits commerçants et mettent à leur disposition des espaces où ils pourront exercer leurs activités dans les meilleures conditions.
Pour ce père qui a requis l’anonymat, la rentrée scolaire est une équation difficile
Un père de famille rencontré dans le cadre de ce reportage reconnaît lui aussi que la rentrée des classes représente une lourde charge financière.
« La rentrée scolaire préoccupe beaucoup. Il faut penser aux frais scolaires, aux tenues, aux cahiers, aux cchaussures et au transport. Dans le même temps, la famille doit continuer à manger et le loyer doit être payé. »
Avec des revenus qui ne sont pas toujours suffisants pour couvrir toutes ces dépenses, il faut parfois établir des priorités.
« On commence par acheter ce qui est indispensable, malgré ces maigres moyens. Pour le reste, on attend d’avoir encore un peu d’argent. Donc le plus important pour nous est que les enfants retournent quand même à l’école. »
Entre scolarité et survie quotidienne
Des témoignages qui résument le dilemme auquel font face de nombreuses familles à Kinshasa : comment financer la scolarité des enfants lorsque l’activité qui permet de générer des revenus devient elle-même de plus en plus préoccupante ?
Oui, des témoignages démontrant finalement que certaines familles à Kinshasa, font face à la rentrée scolaire dans un contexte où les besoins essentiels sont déjà difficiles à satisfaire.
Les parents doivent voir entre plusieurs priorités, notamment nourrir les enfants, payer le loyer, assurer les soins de santé, financer le petit commerce et, surtout, permettre aux enfants de poursuivre leur scolarité.
Dans ces conditions, la rentrée scolaire ne se résume plus à l’achat de fournitures. Elle devient un véritable exercice de survie économique pour certaines familles.
Des parents décidés à tout prix à y arriver
Malgré toutes ces difficultés, les parents ne baissent pas les bras. Certains achètent les fournitures progressivement, d’autres cherchent de petits travaux supplémentaires ou comptent sur l’entraide ou le don.
L’objectif reste le même : ne pas laisser les difficultés économiques interrompre la scolarité des enfants, étant donné que derrière chaque cahier acheté, chaque tenue préparée et chaque frais scolaire payé, se cache souvent le plus grand sacrifice réalisé.
En définitive, les enfants sont déjà prêts à retrouver leurs salles des classes. Obligation aux parents de trouver les moyens pour leur offrir une rentrée scolaire digne, sans pour autant sacrifier les besoins essentiels.
Thérèse Bukasa




