Face à la prolifération des ouvrages contrefaits sur le marché camerounais, les éditions du Centre de Littérature Évangélique(CLÉ), ont organisé un point presse pour tirer la sonnette d’alarme pour sauver toute la chaîne du livre, des auteurs aux libraires, menacées par un fléau qui prend de l’ampleur.
D’où la rencontre qui a réuni les professionnels des médias pour dénoncer la prolifération des livres contrefaits dans le marché du livre camerounais. Une activité qui intervient quelques jours seulement après la rentrée de la nouvelle année scolaire au Cameroun.
Ainsi, au cours des échanges, le Révérend Serge Patrick Locko, Directeur des éditions CLÉ, a tenu à rappeler une évidence trop souvent oubliée : « le livre n’est pas un simple objet commercial. C’est avant tout un outil de travail, de formation, d’éducation et de transmission du patrimoine intellectuel et culturel. Derrière chaque ouvrage qui arrive entre les mains d’un lecteur, il y a une longue chaîne de compétences et de passion : le travail de l’auteur, celui de l’éditeur, du correcteur, du maquettiste, de l’imprimeur, du distributeur et de nombreux autres acteurs invisibles mais indispensables.»
Cependant, a fait savoir le Directeur des éditions CLÉ, lorsque cet ouvrage est reproduit, imprimé et commercialisé sans l’autorisation des ayants droit, c’est toute cette chaîne qui se trouve fragilisée par la piraterie et la contrefaçon qui ne constituent pas seulement une atteinte grave aux droits des auteurs et des éditeurs, mais une menace directe pour l’avenir même de l’édition au Cameroun et en Afrique.

Face à cette situation, les éditions CLÉ ne comptent pas rester les bras croisés. Sa stratégie de riposte s’articule autour de plusieurs axes forts, entre autres, sensibiliser le grand public, iinformer les libraires et les distributeurs, mais aussi renforcer la surveillance du marché pour identifier les circuits de contrefaçon.
Florelle Fateu Efouba, Chargée de communication des éditions CLÉ: « L’objet de ce point de presse était de sensibiliser les libraires, les parents quant au danger de la contrefaçon. La contrefaçon est une gangrène qui tue entièrement, la chaîne du livre. En ayant la bonne information, nous sommes convaincus que les parents vont distinguer ce qui fait la différence entre le bon livre et le mauvais. »
Pour distinguer le livre original de celui contrefait, Florelle Fateu Efouba, avec son équipe dans une caravane de sensibilisation publique aux lieux de vente des livres à Yaoundé, a clairement livrée quelques éléments distinctifs pour identifier l’original et le faux livre :
« Les livres ont un filigrane, un trait qui est au niveau de la couverture, juste avant le titre de l’ouvrage. La finition est en dos cousu, carré. Alors que les photocopies ont des pages qui se détachent, le dos des manuels des éditions Clé au programme scolaire est cousu. C’est solide. La couverture est haut de gamme. Quand vous touchez, la couverture est un peu mate. Ce n’est pas lisse. Or ce que vous voyez généralement sur le terrain, les contrefaçons, c’est lisse. Les images sont nettes, entièrement nettes à l’intérieur. Vous devez connaître ces petites différences-là pour ne pas vous faire avoir. »
Dans la même lancée de sensibilisation publique, la Chargée de communication des éditions CLÉ, a invité les parents d’élèves à plus de vigilance avant tout achat de livre : « Nous demandons aussi aux parents de ne pas se faire arnaquer sur le terrain. Parce que généralement les libraires sont très futés et ils peuvent dire aux parents voilà le prix du livre. Donc ils achètent le livre contrefait au même prix que le livre original. Tout le bénéfice revient aux contrefacteurs alors que l’auteur, l’éditeur, toute la chaîne du livre en pâtit. »
Rappelons que les éditions CLÉ sont la première maison d’édition francophone en Afrique, créées en 1963 à Yaoundé par les églises protestantes. À travers ce point de presse, elles ont voulu informer, sensibiliser et surtout mobiliser, tous les acteurs de la chaine du livre, pour la lutte contre la piraterie et la contrefaçon du livre, notamment, les auteurs, éditeurs, libraires, pouvoirs publics, établissements scolaires et universitaires, médias et lecteurs, chacun a un rôle à jouer.
Elles ont saisi l’opportunité pour annoncer également la présentation prochaine des actions déjà entreprises sur le terrain, des difficultés rencontrées et des perspectives envisagées pour renforcer durablement ce combat.




