L’école comme champ de bataille contre les violences basées sur le genre (VBG). Ce mardi 6 octobre, le Complexe scolaire la Renaissance a vibré au rythme d’une campagne pas comme les autres.
Plus de 300 élèves, filles et garçons, ont été sensibilisés par les experts de la Cellule technique mixte de la Masculinité positive (CTM+ Kasaï-Central). Une opération coup de poing menée salle par salle pour déconstruire les stéréotypes à la racine.
Changer les garçons pour libérer les filles. Loin des discours habituels, la CTM+ Kasaï Central est descendue à l’ex-Athénée royal avec une approche révolutionnaire : si on veut éliminer les VBG en milieu scolaire, il faut transformer les garçons en alliés.

» La masculinité positive n’est pas une faveur faite aux femmes. C’est une redéfinition du rôle de l’homme. Un vrai homme n’est pas celui qui domine, mais celui qui protège, qui partage et qui respecte « , ont expliqué tour à tour les experts de la CTM+ devant des élèves très attentifs.
Le message était clair et percutant :
– À la maison : Un père qui fait la vaisselle, qui aide aux devoirs, qui porte le bébé, apprend à son fils que le travail ménager n’a pas de genre. Résultat : sa fille a plus de temps pour étudier et rêver grand ;
– À l’école : Partage des tâches, respect dans la cour de récréation, refus du harcèlement. L’école doit devenir un sanctuaire.
L’école, un environnement sûr pour faire émerger des leaders. Certainement, pour la CTM+, il n’y aura pas de filles leaders si l’école reste un lieu de peur.

Ces experts ont dénoncé trois fléaux qui cassent la scolarité des filles au Kasaï-Central : le harcèlement sexuel par certains enseignants et condisciples, les mariages précoces et les violences psychologiques qui font croire aux filles qu’elles valent moins que les garçons.
» Nous formons les garçons à devenir des sentinelles. Un garçon qui a compris la masculinité positive ne se tait pas quand sa camarade est harcelée. Il la défend. Il devient un allié « , a insisté un expert.
Clôturant cette grande journée, le Coordonnateur provincial de la CTM+ Kasaï-Central, Maitre Paul-Germain Mania Mania a livré un plaidoyer fort :
» La masculinité positive ne bénéficie pas qu’aux femmes. Elle libère aussi les hommes du poids de la violence. En transformant nos garçons en partenaires de l’égalité, nous posons les fondations d’une société plus juste, plus équitable et surtout sans violences. Le changement commence ici, dans cette école, et dans chaque foyer de Kananga. «
Les élèves qui ont interagi avec les experts, sont repartis avec un engagement : devenir des ambassadeurs de la masculinité positive dans leurs familles. À coup sûr, une graine a été plantée à l’ex-Athénée royal de Kananga.
Jean Claude Ngalamulume Bakamubia




